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Finpoil talks about improv forms.
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Ces temps-ci, Ian improvise auprès du grand maestro, visite la Mecque de l’improvisation américaine et rencontre des personnes très intéressantes. Je suis jaloux, mais je me soigne. Merci de nous faire partager tout ça, Ian.
Au même moment, un débat splendide fait rage et désespoir sur le Caucus, pour délibérer de la valeur et des faiblesses du Match d’impro. Je me rattrape comme je peux en vous faisant partager mes dernières trouvailles en matière de bouquin d’impro…
…en particulier l’excellente étude de Jeanne Leep, “Theatrical Improvisation: Short Form, Long Form, Sketch-Based Improv“, qui comme son sous-titre l’indique, analyse les principaux formats de l’impro théâtrale.
Je vous résume tout ça, parce que j’ai pas encore tout lu à fond: Jeanne Leep distingue trois grands genres de formats d’impro, à savoir le format court (rapide, à forte interactivité, à tendance comique), le format long (lent, à faible interactivité, à tendance thématique), et les sketches improvisés (des spectacles canevassés sur des improvisations, style commedia dell’arte).
Leep évite de dresser une hiérarchie bon/mauvais entre les formats et gère admirablement bien les témoignages. Je ne résiste pas au plaisir de vous donner la citation de Mick Napier (cité lui-même par Kozlowski; je traduis librement)
“Pour moi, la question du format est futile: finalement, l’impro se réduit à un être humain sur scène, sans information sur ce qu’il va dire ou inventer. [...] De la bonne impro, c’est de la bonne impro, peu importe le format que tu lui donnes. Le meilleur format avec des improvisateurs mauvais, ça sera toujours mauvais.” (77)
Pour ramener ça au débat: le problème avec le format “prétexte”, “décorum” Match d’impro, ce n’est peut-être pas le concept en lui-même, mais bien plutôt les joueurs qui le pratiquent. Et si je pense personnellement que ce n’est pas tant une question d’impro “à la française”, – c’est un Suisse qui vous le dit – , je crois plutôt dans le fait que le format “Match” n’est pas assumé jusqu’au bout par les joueurs.
Je m’explique.
Jeanne Leep classe le Match dans la catégorie des “formats courts”. Selon elles, cette “famille” de concepts partage plusieurs caractéristiques incontournables: 1) but de divertissement comique, 2) maintien de la participation du public et de son influence tout au long du spectacle, 3) format énergique, style de jeu qui met en avant la vivacité d’esprit 4) la construction de scène se soumet aux contraintes du format (catégories).
Je pense donc que Lélou, Ian et Nabla font parfois un mauvais procès au match en soulignant ses faiblesses… qui sont finalement des choix de mise en scène; c’est probablement ce que voulait dire Matthieu, en ramenant Roméo et Juliette dans le débat. Beaucoup de bruit pour rien?
La chose qui cloche avec le match d’impro, c’est que certains improvisateurs aimeraient le prendre pour ce qu’il n’est pas: un concept versatile, jouable en format long, capable d’émotion ou d’engagement dramatique: amateurs de Johnstone, ayatollahs des règles d’improvisation, passez votre chemin! Le Match d’impro est un format court, relativement exigeant en qualité d’impro, puisqu’il nécessite des improvisateurs polyvalents, vivaces, et prêt à se “pimper” à la limite du cabotinage.
Je termine avec une autre citation, cette fois du “Improv Handbook” de Deborah Frances-White et Tom Salinsky. Les deux auteurs contrastent eux aussi l’impro “rapide” façon Match et l’impro “longue” façon Harold. Ils nous mettent en garde contre les comparaisons hâtives:
“C’est clair: une personne de goût et discernement (vous, par exemple) qui assiste à un Theatresport gâché, – où la compétition du format empêche les improvisateurs de donner le meilleur d’eux-mêmes, où les catégories stupides alternent avec des blagues en-dessous de la ceinture – ne le préférera pas à un Harold intelligent, clair, concis, plein d’esprit et bien structuré qui oscille entre le sublime de certains moments et la brillance de certaines idées. Mais le contraire est vrai aussi. Alors comparons le meilleur du Theatresport (ou mieux, du Gorilla Theatre) avec le meilleur du Harold, pour voir.” (254)
De la même manière que Lily concluait son article sur les formats “dirigés” ou “libres”, je pense qu’on peut s’accorder sur le fait qu’il n’y a pas de hiérarchie entre les formats… et peu de leçons à donner sur la manière de bien les jouer.
… ou est-ce que je me goure royalement?
