Le Caucus

L’impro dans les grandes lignes…

Il y a quelque chose qui cloche dans le Match d’Impro…

Posted by Ian sur 13 juin 2008

[eng]

« Le Match d’Impro » has some specifities like the « Mixte » impro, where teams mix up to create scenes together. What seemed like a good idea in fact rarely works.

[fra]

Je n’arrive pas à me faire au Match d’Impro. Malgré ma dernière visite que j’avais moyennement appréciée, je suis retourné à la LIFI l’autre soir pour assister à la Finale. J’ai décidé d’y aller car nous avons en ce moment au sein de la troupe Eux un improvisateur invité venu de Chicago avec qui nous travaillons. Je n’étais pas particulièrement enthousiaste à l’idée de l’emmener voir un match, mais je voulais l’emmener voir de l’impro typiquement française, et le Match d’Impro reste le format le plus pratiqué ici. L’emmener voir des professionnels, c’était aussi lui montrer ce qui se fait de mieux, dans des conditions que peut d’équipes peuvent se permettre: salle prestigieuse, décorum impeccable, supporters nombreux (la salle était pleine)…

Qu’est-ce qui est constitutif du match? Après une discussion houleuse sur le forum d’Impro France, j’en suis arrivé à la conclusion que l’improvisation « Mixte » est l’élément constitutif du Match d’Impro. Le TheaterSports et le ComedySportz, deux formats compétitifs d’Amérique du Nord, possèdent aussi le décorum d’une compétition sportive. Mais, à ma connaissance, les équipes ne se mélangent pas pour improviser ensemble (ou rarement lors d’un spectacle). Alors que dans le match, la Mixte a une place de choix. Pour beaucoup, c’est en Mixte qu’on « improvise vraiment » car on ne peut pas se reposer sur son caucus, et que la présence de gens avec qui on n’improvise pas d’habitude rend leurs réactions imprévisibles.

Et pourtant, c’est de là que vient un comportement bizarre du Match. Comme dans beaucoup de formats compétitifs, le public vote pour l’impro qu’il a préféré. Le problème vient des critères sur lesquels le public juge l’improvisation. Chacun est capable de dire si une scène est bonne ou non. Personnellement, je pense que les scènes qu’on présente au public sont souvent si mauvaises qu’on apprend au public non pas à apprécier une bonne scène, mais plutôt à apprécier les éléments dans cette scène qui vont le faire rire: gags, cabotinages (souvent sexuels), jeux de mots, et bataille pour le pouvoir. Autant les gags, les cabotinages, les jeux de mots ne sont pas plus présents en Match d’Impro qu’ailleurs, autant je pense que la bataille pour le pouvoir et la recherche du contrôle sont fortement renforcés par les improvisations mixtes en Match d’Impro.

Après une Mixte, le public vote souvent pour l’équipe qui a « dominé » l’impro: ceux qui ont eu les statuts les plus forts, ceux qui parlent le plus fort, ceux qui s’imposent physiquement sur scène (par la violence ou le surnombre), ceux dont les idées sont suivies (par choix ou par nécessité). Parfois, on suit les choix de l’improvisateur qui va faire les meilleures propositions, ce qui est positif, mais rare. En effet, pour « obtenir le point » l’équipe tente souvent de contrôler l’impro. Le Match d’Impro renforce donc ce comportement, qui est pourtant déjà une difficulté à surmonter lorsqu’on improvise tout court: lâcher le contrôle n’est pas facile.

Je l’avais déjà souligné dans mon précédent billet: il y a une peur de lâcher le contrôle. Mais c’est mon invité qui me l’a fait remarquer concrètement. Les improvisateurs que nous avons vu à la finale ne disaient pas « Oui, et… » mais disaient constamment « Oui, mais… » C’est pratique: ça donne l’impression qu’on accepte, mais en fait pas vraiment. On dit « Oui » par convention, et notre cerveau fonctionne à plein pour expliquer pourquoi ça ne va pas marcher. C’est un moyen très élégant de garder le contrôle. Et c’est particulièrement triste, car alors qu’on voudrait voir les improvisateurs prendre des risque, le format valide ce genre de comportement en récompensant l’équipe qui est la plus experte à ce jeu-là.

Arrêtons de dire « Oui, mais… », essayons de dire « Oui, et… » et alors notre improvisation s’améliorera. Le public n’aura plus alors à se rattacher aux gags, cabotinages, jeux de mots et luttes pour le pouvoir. Peut-être alors qu’à nouveau il ne saura plus pour qui voter en mixte, non pas parce que c’était si mauvais, mais parce que c’était si bon…

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35 Réponses to “Il y a quelque chose qui cloche dans le Match d’Impro…”

  1. guizmo said

    L’impro mixte est une prise de risque pour la qualité du spectacle : soit le mélange des deux équipes va prendre et cela va donner une superbe impro, soit cela peut foirer complétement. C’est l’intérêt du match, prendre ce risque là, faire ce pari que deux équipes qui n’ont quasiment joué ensemble puisse créer un truc exceptionnel . Suivant la réussite de ce pari, le public va voter selon des critères différents : si c’était mauvais, il va privilégier celui qui a fait rire, si c’était moyen, celui qui a fait avancé l’histoire, si c’était bon, il demandera l’égalité. C’est pourquoi on voit souvent des gags et des gens qui cherchent à prendre le contrôle, car ils cherchent l’adhésion du public, ils jouent le point. Si les improvisateurs ont vraiment laché prise, il n’y a plus de oui mais, on n’a pas le temps de chercher le gag, l’histoire avance, rebondit dans des directions improbables et ça peut donner des trucs magiques…A condition de tous avoir appris à improviser de cette façon.

  2. Ian said

    Je suis complètement d’accord avec toi, notamment sur les critères d’évaluation. Et, oui, il peut y avoir de belles mixtes, comme tu le dis, à condition de s’accorder sur le fait de « jouer ensemble ». Il est important de garder la mentalité de « joueur », c’est à dire, jouer pour gagner. Mais cette envie devrait nous pousser à nous rendre meilleurs sur scène, et sur les mixtes à être meilleur soi-même pour rendre l’histoire meilleure et pas juste à développer des techniques pour « gagner le point ».

    Et ta réflexion me fait soulever un autre point: si l’on considère la mixte comme la particularité du match, et comme la prise de risque la plus élevée dans le match, pourquoi l’ériger en « norme » sur le match d’impro? Si c’est vraiment une prise de risque, et si l’on veut que les joueurs la considèrent comme telle, ne devrait-on pas la rendre « spéciale » sur un match d’impro? Pour parler clairement: en faire moins souvent? Beaucoup considèrent que « le Match, c’est la mixte » ou « la prise de risque, c’est la mixte » et font une majorité de mixtes en match, et en viennent à déconsidérer les comparées…

    Finpoil soulignait que lorsqu’on regarde un spectacle d’impro, on regarde deux niveaux à la fois: 1) l’histoire, la narration, les émotions suscitées 2) la prise de risque des improvisateur:
    https://lecaucus.wordpress.com/2008/06/15/limpro-discipline-versatile/

    Si l’on va trop loin ou trop souvent dans la prise de risque, on risque justement d’ennuyer le public, de le faire moins « ressentir » les choses, d’être moins ému. Et de plus, si la prise de risque intervient trop souvent, on dénature le risque, la prise de risque devient moins « spéciale », moins « risquée ». C’est un point que je soulevais ici, en réfléchissant sur le bon ratio entre comparées et mixtes:
    http://www.impro-france.com/forum/viewtopic.php?t=115

    En tous cas, merci pour ton commentaire…

  3. Guizmo said

    Sur l’aspect mixte / comparée, je vais te répondre pour mon cas. Je n’ai jamais fait de théâtre avant de faire de l’impro mais des sports collectifs dans des clubs où la notion d’ambiance d’équipe passait avant le résultat. Mais l’intérêt d’un match était toujours dans l’équipe qu’on rencontrait, la tactique, etc…Je ne sais pas pourquoi mais depuis le début, ce qui m’intéresse dans un match, c’est la mixte, le risque, le fil du rasoir. Et je pense que c’est ça qui va donner quelque chose d’unique. D’ailleurs nous devons encore travailler avec les Malades car souvent on loupe nos comparées ; étrange et en même temps normal car on ne se met pas en danger comme sur une mixte et la mayonnaise ne prend pas. On ne souhaite pas tomber non plus dans le réflexe de certaines équipes (même pro) qui utilisent des « recettes » en comparée.
    Les dernières plus belles impros que j’ai vu étaient mixtes sur un ton dramatique, avec de l’émotion mais avec des gens qui avaient le même esprit d’impro…

  4. Lélou said

    Bon sang, moi aussi, je ne peux m’empêcher de penser que quelque chose cloche dans le concept du match d’impro. On nous pousse à aller vers un jeu généreux, risqué, constructeur, etc… Or, je trouve que tout dans le format du match pousse en sens inverse.

    En effet:
    1. Soumettre chaque impro au jugement du public, nous entraîne à lui donner une satisfaction immédiate, en le permettant de le faire rire. Voilà pourquoi les dramatiques sont si peu présentes, on donne au public ce pourquoi il est venu: se marrer!

    2. L’arbitrage:
    Beaucoup d’arbitres, voulant bien faire leur job, s’évertuent à siffler toutes les règles enfreintes, et expliquer d’une manière qu’ils pensent pédagogique « Pourquoi l’impro n’a pas fonctionné ». Or ceci à deux effets: d’une part des règles trop présentes n’encouragent pas les jouteurs à prendre des risques, d’autre part, ce type d’arbitrage casse le flux d’énergie qui doit circuler librement dans une impro pour qu’elle fonctionne et que les connexions se fassent. Casser du joueur ne contribue pas à la qualité du spectacle.

    3. Les jets de chaussons:
    Dans le concept d’origine, ils devaient être lancés par le public sur les jouteurs si l’impro était mauvaise…Ce qui va complètement à l’encontre du « be average » ou du « be obvious » et « Don’t try to be clever » de Johnstone (ceci dit il est vrai que ce n’est pas lui qui a créé le concept…)

    4. L’impro coupée en son milieu lors d’une fin de période de 30 minutes: bon sang! si l’a le flux n’est pas coupé!!!

    5. 12 jouteurs en patinoire: Pour une heure 30 de spectacle (soit à peine 1h10 de jeu), c’est énorme, comment peut-on accuser les joueurs de rudesse? Comment peut-on leur reprocher de trop rentrer sur la patinoire et de générer de la confusion en leur faisant pratiquer un concept aussi frustrant.

    6. La remise des étoiles!
    Ceci encourage l’ego des joueurs à être plus présent, à davantage entrer dans un rapport de force et un jeu de pouvoir! En gros celui qui pratique un jeu généreux et constructeur n’est jamais récompensé face à des joueurs qui vont dans le cabotinage voire la vulgarité…

    Alors oui, pour moi beaucoup de choses clochent dans le concept du match. Une impro réussie résulte d’un équilibre fragile où le flux circule et les connexions se font…Or en sanctionnant à outrance en donnant des pénalités, et en récompensant des individualités, on ne favorise ni le flux ni les connexions….

  5. Matthieu said

    Ce que je trouve naze dans Roméo et Juliette, c’est que c’est toujours le même comédien qui embrasse Juliette…
    Ca vous parait absurde comme phrase ? Ca me fait la même chose à chaque fois que je lis des choses comme ça sur le match.

    Le match est un prétexte, c’est un décorum pour le public. Aujourd’hui nombreux sont ceux qui semblent l’avoir oublier et qui mettent un enjeu dans un point où dans une étoile, mais je pense que c’est faire fausse route sur la nature du spectacle. Notre boulot à nous, improvisateurs, ce sont les impros, le match et les points c’est l’affaire du public (et du personnage « joueur » qu’il faut à mon sens distinguer de l’improvisateur qui l’interprète).
    Tant qu’on considérera le match d’impro comme un « format compétitif » on ne pourra aller que dans la mauvaise direction. Tout ceci n’est que mon avis bien sûr, il faut tellement se méfier des affirmations péremptoires.

  6. Lélou said

    Je suis vraiment désolée de jouer pour la nième fois du Shakespeare et pardon si mon avis t’a semblé être une affirmation péremptoire…Mais le « format compétitif » n’est pas ce qui me dérange dans le match…

    Enfin, concernant le point sur les mixtes, je considèrerais aussi cela comme un atout du concept. Etre contraint de jouer avec des comédiens dont on ne connaît ni les réflexes, ni les univers, nous pousse dans une prise de risque que j’apprécie assez. A moins de ne se planter et de partir dans un jeu de pouvoir là encore, on doit assez rapidement instaurer une confiance avec les autres jouteurs pour faire rapidement la connexion.

  7. Lily said

    Bonjour Lélou, merci pour ton commentaire structuré et intéressant. Je pense que ce que tu dis est assez juste. Le format du match contient en lui-même certaines conditions de l’échec de l’improvisation. Après je pense aussi que l’on peut arriver à en faire un peu autre chose et y introduire un réel esprit sympathique (c’est en tout cas ce que j’ai vu une fois avec une équipe québécoise…). Mais pour cela il faut de l’expérience, du talent, de la confiance, etc.

    Bonjour Matthieu, je ne suis pas vraiment d’accord avec toi. Le format ne sert pas à rien. Pour reprendre ton parallèle avec le théâtre, c’est comme si la mise en scène n’était que l’affaire de je ne sais qui, mais surtout pas des acteurs. Il me semble que le format aide à structurer l’improvisation. Il y a des improvisateurs qui ont des années et des années d’expérience en improvisation, qui jouent vraiment ensemble, qui ont appris à faire émerger l’art et la spontanéité grâce à un format qui les sous-tend. Alors, eux, peut-être qu’ils peuvent se passer d’un bon format. Mais les autres, je ne crois pas. L’improvisation est un art, pas facile comme tous les autres arts, et il a besoin de s’appuyer sur des choses construites, comme les autres arts. Au passage je me permets de te demander un peu plus de courtoisie envers tes interlocuteurs sur notre blog.

  8. Ian said

    Lélou, merci pour ton commentaire. Il est tellement riche que j’ai envie de le reprendre point par point:

    Voilà pourquoi les dramatiques sont si peu présentes, on donne au public ce pourquoi il est venu: se marrer!

    C’est vrai! On construit les attentes du public dès le moment où il met un pied dans la salle, et même avant, dès le moment où il pose ses yeux sur l’affiche du spectacle. Si l’affiche est « drôle », ou si le MC fait de blagues et crie dès l’entrée du public, c’est à ça qu’il va s’attendre dans les impros…

    Or ceci à deux effets: d’une part des règles trop présentes n’encouragent pas les jouteurs à prendre des risques, d’autre part, ce type d’arbitrage casse le flux d’énergie qui doit circuler librement dans une impro pour qu’elle fonctionne et que les connexions se fassent. Casser du joueur ne contribue pas à la qualité du spectacle.

    La rigidité du spectacle choque beaucoup les visiteurs que j’emmène voir un match. 15 fautes différentes? Wow! De plus, on est tous d’accord que pour improviser, il vaut mieux éviter d’être dans un état d’esprit de jugement de soi. Si l’arbitre casse le joueur, c’est dur d’y arriver.

    Les jets de chaussons: Dans le concept d’origine, ils devaient être lancés par le public sur les jouteurs si l’impro était mauvaise…Ce qui va complètement à l’encontre du “be average” ou du “be obvious” et “Don’t try to be clever” de Johnstone (ceci dit il est vrai que ce n’est pas lui qui a créé le concept…

    Chez Johnstone, dans le TheaterSports, il y a le Warning for Boring. C’est l’équivalent. Pour que ça marche, il faut acceptr la sanction sans faire la gueule. Keith nous disait que selon lui, le TheaterSports était le format le plus difficile… Un élément qui n’aide pas à enlever l’égo est l’existence d’équipes. Il disait qu’une de ses recommendations était de n pas avoir d’équipes à l’avance, mais de les créer le soir même juste avant le spectacle, ce qui évite de vouloir jouer pour son équipe…

    L’impro coupée en son milieu lors d’une fin de période de 30 minutes: bon sang! si l’a le flux n’est pas coupé!!!

    Amen! Et si l’impro avait en fait besoin d’une minute de plus?

    12 jouteurs en patinoire: Pour une heure 30 de spectacle (soit à peine 1h10 de jeu), c’est énorme, comment peut-on accuser les joueurs de rudesse? Comment peut-on leur reprocher de trop rentrer sur la patinoire et de générer de la confusion en leur faisant pratiquer un concept aussi frustrant.

    Je n’y avais jamais pensé, mais c’est vrai que c’est beaucoup. Remarque, le Micetro, c’est à peu près 15 personnes… Et ça foire souvent! Pour que ça marche il faut zéro égo.

    Sur 1h30 de match, quelle durée pour l’impro elle-même? 45 minutes?

    La remise des étoiles! Ceci encourage l’ego des joueurs à être plus présent, à davantage entrer dans un rapport de force et un jeu de pouvoir! En gros celui qui pratique un jeu généreux et constructeur n’est jamais récompensé face à des joueurs qui vont dans le cabotinage voire la vulgarité…

    Exactement.

    Oui, je pense que quelque chose cloche dans le match. Le format n’est pas parfait. Mais quel format l’est? Quand on voit les québécois jouer à ce « jeu » on comprend qu’il y a une méthode pour que ça marche: « jouer » au « jeu » et mettre son égo à la porte. Dur pour les français…

    Enfin, pour ta remarque sur la mixte, je suis complètement d’accord. Mais quels improvisateurs sont réellement capable de construire et d’être en confance avec des inconnus, devant du public, en situation apparente d’opposition à l’autre? Très très peu, même chez les « pros »…

    Ce que je trouve naze dans Roméo et Juliette, c’est que c’est toujours le même comédien qui embrasse Juliette…
    Ca vous parait absurde comme phrase ? Ca me fait la même chose à chaque fois que je lis des choses comme ça sur le match.

    Matthieu, j’ai beau chercher, je ne vois pas le sens de ta remarque…

    Sinon, pour ta remarque sur le fait que ce n’est qu’un prétexte: pour un prétexte, on y accorde bigrement du soin. Patinoire, costumes, règlements, arbitre… La forme influence nécessairement le fond. Et la présence du public fait forcément ressortir les mauvais côtés des êtres humains sur scène, alors, pourquoi se voiler la face, et croire que le format est neutre? Il ne l’est pas. Il renforce certains points, allège d’autres. La seule solution, c’est de vraiment « jouer », pour le plaisir. Mais c’est dur quand on a un gros égo. Et c’est aussi dur de voir une autre manière de faire quand on reste borné à un format et à un style.

  9. impronabla said

    Bonjour à tous !

    Et bien, que de réactions !
    Je ne peux m’empêcher de rajouter quelques grains de sable :

    Lélou, très bon commentaire. Je rajouterais avec plaisir une idée qui me dérange beaucoup en match : les improvisations sont chronométrées
    Comment espérer alors qu’un joueur ne cabotine pas, n’essaye pas de lancer une dernière phrase qui cassera l’histoire créée, ne coupe pas la parole des autres pour parler de son lointain cousin qui justement peut résoudre à la dernière minute le point autour duquel les joueurs discutaillent depuis 3 minutes 29 ?
    En fait, on peut l’espérer, mais grands dieux ça n’arrive pas souvent…

    Mais même en écrivant cela, je ne me trouve pas totalement honnête.
    L’impro qui est présentée en match d’improvisation n’est pas celle que je veux pratiquer, certes. Et ce n’est certainement pas celle que je veux voir à Paris (parce que je trouve que les matchs sont mauvais ici…).
    Mais le format a de la valeur. Il a un énorme potentiel. Bon sang les deux équipes Québécoises que j’ai vues jouer m’ont vraiment fait plaisir!! Et là, je veux bien revoir un match d’impro avec ces équipes!

    Pour moi, toute cette discussion me fait penser à une chose, la seule sur laquelle je veux me concentrer quand je pense au match :

    La manière dont les joueurs et les coachs envisagent leur jeu. Bien sûr qu’il faut enlever l’ego, bien sûr qu’il faut jouer (dans le sens qu’utilisent les enfants), bien sûr qu’il faut prendre des risques.

    Mais chaque ‘école’ d’impro a sa propre manière de voir les choses. On ne rendra pas bons les joueurs de match en essayant de les forcer à faire du Keith. On doit les rendre bons en comprenant le format, en proposant des exercices adaptés à ce format (de nombreux exercices de Keith fonctionnent quand même ici!) et en faisant des remarques liées au format.
    Pour qu’ils progressent dans le match, il faut leur faire travailler le match, en en respectant ses contraintes.

    Du coup, j’en reviens au fait que les impros sont chronométrées. C’est une contrainte du match. Il est temps de l’assumer et de regarder le format en face, dans les yeux : il faut apprendre aux joueurs à terminer leurs scènes, sous la pression d’un chronomètre, mais sans les écueils mentionnés précédemment. Honnêtement, j’ai vu beaucoup d’entraînements avant match, je n’en ai vu (presque) aucun qui introduisait cette notion de chronomètre ou qui mettait l’accent sur les cabotinages de fin…

    Ce n’est qu’un exemple bien sûr… Je voulais juste préciser que se battre sur les caractéristiques d’un format n’apporte pas grand chose, surtout lorsque ce qu’on en a vu est presque toujours raté. Si l’on veut vraiment être honnête, rendons-les joueurs meilleurs dans ce format, que ce dernier exploite tout son potentiel.
    Ensuite, et seulement à ce moment-là, pourra-t-on dire si ce format est bon ou mauvais…
    Nous aurons toujours la possibilité de dire que ce n’est pas l’impro que l’on veut faire ou voir, mais au moins, nous serons totalement honnêtes. (Oui, vous pouvez m’appeler M. Utopie) 🙂

    Enfin, Matthieu… tellement de choses que je ne sais pas par quoi commencer. Mais globalement, j’insiste. Dire que le format n’est qu’un prétexte, c’est à mon avis exactement ce qui fait que l’impro à Paris est très moyenne à mon goût. C’est à mon avis exactement la raison pour laquelle la grande majorité des troupes qui se forment décident d’un format quelconque et jouent les mêmes choses qu’ils joueraient en match.
    Non, un format se choisit, se travaille, se comprend. Les entraînements doivent tenir compte du format présenté. Et la mise en scène doit refléter ce travail.
    Tant que tu ne comprendras pas ça, tes arguments en faveur du match me semblent très, mais alors très très maigres… (D’autant plus que ce sont toujours les mêmes).

    Sur ce, bonne journée à tous!

  10. Matthieu said

    Tout d’abord Lélou, ne te sent pas visé par mes remarques, elles n’étaient pas pour toi. J’entretiens une certaine animosité rhétorique avec certains des auteurs de ce blog (comme la petite attaque de Nabla le souligne, attaque à laquelle je ne vais pas répondre parce que sinon, on n’a pas fini).

    C’est drôle je parle de « prétexte » et on me répond « Le format ne sert pas à rien », ou on me renvoie le mot prétexte comme-ci ça donnait moins de valeur au décorum. Prétexte ça peut être un mot très fort.
    Dans un premier temps, petite histoire : le match a été inventé par Robert Gravel pour des comédiens et improvisateurs (dans la sens de la mouvance du théâtre des années 70) confirmés. Le match rassemblait un certain nombre de contraintes pour pousser les comédiens à se dépasser (même s’il semble Gravel voulait surtout trouver un moyen de faire un « buff » entre comédien). Donc les impros chronométrées, l’arbitre, la patinoire, les maillots, le vote du public, tout ça ce sont des contraintes, qu’il a pioché dans ce qu’il y avait de plus populaire au Québec le Hockey.
    Ne nous étonnons donc pas que pratiquer par des amateurs, qui souvent n’ont jamais mis leur pied dans un cours de théâtre, et d’une culture sportive ou les sports sur glace sont quasi-absents, le match se soit transformé. Et que ces contraintes paraissent maintenant à beaucoup, des obstacles.
    Pourtant n’oublions pas que c’est avant tout « un buff entre improvisateurs ». Le décorum, le match, c’est la mise en forme, le prétexte, l’alibi, que nous donnons au public. Le comédien sur son banc tient déjà un rôle, celui de joueur, qui a envie de gagner, mais ce joueur est un personnage du comédien, et lorsqu’il rentre dans la patinoire, il oublie temporairement son rôle de joueur, et devient un autre personnage. Voilà ma vision des choses. Chercher le point, la victoire, faire du match un « format compétitif », c’est, à mon sens, se tromper de spectacle. Bien sûr tout ceci n’est que mon avis, et il y a plein de troupes qui ne pratiquent pas le match comme ça (et elles n’ont pas tort pour autant, elles pratiquent juste une impro qui ne me convient pas).

    Nabla tu as raison de dire qu’il ne sert à rien de chercher à appliquer les principes de Keith Johnston sur un format qu’il n’a pas créé. Tout comme il serait absurde d’appliquer les principes du match à un format comme le Theatresport, le Micetro, ou à un Cercle des Menteurs (pour revenir à un concept français). Mais comment rendre « les joueurs meilleurs dans un format » quand ce concept même de « meilleur » est complètement subjectif ?
    Je vais revenir à mon parallèle préféré, la bouffe. Je goûte un plat que je trouve un peu fade, je décide de le relever d’un bon coup d’épices. Le plat ne sera pas meilleur, mais plus à mon goût. C’est tout ce que je pourrai dire.

    Le match d’impro version « combat d’égo » et « cabotinage à outrance » n’est pas celui que nous aimons, mais il y a un public qui l’aime et qui l’adore. Le public se trompe ? Il y a « quelque chose qui cloche » chez lui ? Non… Et même, contrairement à ce que je pensais il y a peu, peut-être même que si on lui montre ce que nous estimons être de la « belle impro » il n’aimera pas et ne voudra pas revenir. Les principes d’impro que nous appliquons, ou pas, c’est notre cuisine à nous, et le public n’est que devant le plat final. Préférera-t-il un spectacle laborieux, où les improvisateurs se cherchent en permanence, mais respectent tous les grands principes de l’impro, ou un spectacle où les improvisateurs transgressent tous les principes, cabotinant avec énergie et vivacité ?
    D’ailleurs, de ce que j’ai pu constater, quand un match se passe (vraiment) mal, c’est souvent que les deux équipes n’ont pas la même vision de l’impro (imaginons alors deux cuisiniers qui tentent de s’imposer mutuellement leurs recettes, le résultat dans l’assiette va être curieux).

    Il est bon de réfléchir sur sa pratique, d’avoir des débats. Mais je pense qu’à force de chercher les défauts chez les autres, on en oublie de regarder la poutre qui est dans notre propre œil. Quand je suis confronté à un format que je n’aime pas, je me dis simplement qu’il ne ressemble pas à ce que j’aime faire, je ne cherche pas à en décortiquer à tout prix les failles, parce qu’avant de me disperser à envisager la pratique des autres, j’essaie de clarifier ma propre pratique.
    Je ne crois pas que m’assurer que les autres soient « mauvais » me rendra « meilleur ».

    Pour répondre à une question de Ian : la durée d’improvisation réelle en match varie grandement selon l’arbitre (et le MC). 45 minutes ce sont les arbitres qui prennent vraiment beaucoup de temps. La moyenne se situe plutôt à 60-65 minutes sur les feuilles de match que j’ai pu regarder. Je connais arbitre (Matthieu Massé de Bordeaux) qui monte occasionnellement à 70-75 minutes de jeu par match, et en plus c’est un très bon arbitre.

  11. Lélou said

    Je pense effectivement que tu as raison! Il ne faut pas tomber dans l’extrême qui consisterai à rejeter en bloc ce concept. J’ai moi aussi assisté à des matchs incroyables avec des équipes incroyables!
    D’autre part, après avoir lu « Impro for storytellers », qui m’a d’ailleurs apporté beaucoup de solutions et m’a fait beaucoup progresser, j’ai tenté de faire du Johnstone en match…Ben , bon sang, on se fait bouffer! :))

    Il faut donc encore mieux cerner le concept car on mesure mal à quel point il est difficile, à quel point il faut être expérimenté et en confiance pour bien vivre ce genre de spectacle.
    Or, en France, c’est quasiment le seul mode sur lequel deux compagnies d’impro se rencontrent.
    Et quand je vois que des improvisateurs qui n’ont que deux mois d’impro dans les jambes sont balancés dans ce genre de spectacle, et ressortent abattus, désolés de leur prestation, ça me met en colère.

    Il est temps qu’on pratique d’autres concepts, qu’on les fasse connaître! Le match a le mérite d’exister et d’avoir propulsé l’improvisation à un certain niveau de notoriété en France, mais ce n’est pas le seul et l’unique!

    La révolution est en marche et elle ne s’arrêtera pas là! 😉 :))

    Merci les amis pour cette discussion passionnante! 🙂

  12. Lélou said

    Matthieu, ma réponse précédente était destinée au message de Nabla, mais finalement, elle reste parfaite pour ton post.

    Cependant, j’ai eu l’envie de décortiquer le concept du match, car lorsqu’on le pratique on se rend compte à quel point il est difficile de pratiquer un jeu généreux dans ce cadre …. On ne peut réduire le décorum à un prétexte qui n’influerait pas sur le fond. A un moment ou à un autre, on est tous tombés dans le panneau de prendre le « format compétitif » au premier degré.

    Le match est difficile à pratiquer, il faut avoir suffisamment de confiance, d’expérience et de talent pour à la fois faire sa place et mettre son ego de côté.

    Maintenant, ce n’est pas parce que le match a été créé il y a 30 ans, qu’on ne peut discuter de son fonctionnement….Si on supprime tout débat là-dessus, on n’avancera pas. On n’a pas fini de faire évoluer l’impro, mais il faut en passer par là!

  13. Alors !

    Par quoi commencer, je vais me présenter comme cela on ne pourra pas m’accusez d’être rude.

    Bonjour, je suis Hervé de la LIGUE D’IMPRO « Restons Calmes ! (dans la dignité) de Bordeaux », et je pratique le match d’impro depuis 2005, j’ai à mon actif 70 matchs tout postes confondu à avec une majorité de matchs en tant que joueur.

    Nous avons appris les Restons Calmes et moi, à pratiquer le match comme nous l’a enseigné Pierre Martineau (MC à la LNI pendant 28 ans, et co-fondateur du « Format »), et j’avoue que vous lire me donne parfois la chair de poule, en pensant à Robert Gravel et Pierre qui nous sont parti trop tôt.

    Certes je ne remet pas en cause tout les arguments que vous avancés, mais certains d’entre eux me font penser que l’essentiel du « format » Match à été oublié. Je m’explique :

    Pour faire dans l’ordre je vais citer lélou en premier afin d’être chrono…Logique.

    Soumettre chaque impro au jugement du public, nous entraîne à lui donner une satisfaction immédiate, en le permettant de le faire rire. Voilà pourquoi les dramatiques sont si peu présentes, on donne au public ce pourquoi il est venu: se marrer!

    C’est la que je pense que nombres de pratiquant en France ont perdu l’essence même du match d’impro. Au départ le concept est né du Théâtre Expérimental de Montréal, et le but était certes de faire venir des gens au spectacle mais en aucun cas le but était de faire un spectacle d' »humour ». C’était juste un spectacle. Je pense que les spectateurs prennent au spectacle ce que nous leur donnons, et les règles sont la également pour ça au départ pour ne pas tomber dans la facilité, le rire facile, etc… Tout cela est devenu ainsi, après les télédiffusions sur Radio Québec.
    Mais au départ le concept repose sur un principe simple : Obtenir un cadre serré pour que les joueurs puisse prendre des risques, essayer des choses, si les impros ne fonctionne pas (car prendre des risques implique aussi des ratages) l’arbitre sera la pour assuré le show. C’est très schématisé ici mais selon moi un bon match d’impro est un match ou l’arbitre est la pour annoncer les thèmes.

    Beaucoup d’arbitres, voulant bien faire leur job, s’évertuent à siffler toutes les règles enfreintes, et expliquer d’une manière qu’ils pensent pédagogique “Pourquoi l’impro n’a pas fonctionné”.

    Le tort de beaucoup d’arbitre c’est qu’un jour qqun leur a dit tu dois avoir un personnage. Et le problème en tout cas pour ce qu’il ma été donné de voir c’est que la plupart des arbitres n’ont qu’un personnage, et aucune lecture de jeu, ce qui donne parfois des censeurs plutôt que des arbitres, souvent aussi il arrive que les arbitres ne soit pas content de ce que les joueurs font de leur thèmes, et sanctionne, mais le propre de l’impro c’est d’être libre d’interpréter comme on le souhaite un thème, ou titre d’impro.
    En ce qui me concerne les deux acteurs les plus importants du match sont l’Arbitre, et le le MC. L’arbitre est à mon sens le metteur en scène, il décide de ce que les joueurs vont jouer en donnant thèmes et catégories, le MC lui est le metteur en scene du jeu (dans le sens ou si il n’est pas la pour être sérieux, faire en sorte que tout fonctionne, le coté ludique du match ne peu exister.

    Dans le concept d’origine, ils devaient être lancés par le public sur les jouteurs si l’impro était mauvaise…

    Juste une petite précision, dans le concept d’origine la « claque » était prévu pour que le public manifeste sont mécontentement, en le lançant non pas sur les joueurs mais à l’intérieur de la patinoire. Et pas seulement sur l’arbitre, consigne qui est donné dans beaucoup de ligue en France pour rendre l’arbitre encore plus « méchant ».

    L’impro coupée en son milieu lors d’une fin de période de 30 minutes: bon sang! si l’a le flux n’est pas coupé!!

    Encore une fois c’est la règle, c’est pas pour couper le flux ou quoi c’est l’idée de jouer à faire une compétition sportive qui implique ce genre de situation, pour reprendre ce que nous dis Matthieu on joue à jouer pour le public, c’est un prétexte.

    Amen! Et si l’impro avait en fait besoin d’une minute de plus?

    C’est précisement d’un point du règlement dont tu parles, il est possible en effet que même si la période est terminé de signaler à l’arbitre à l’aide d’un carton blanc que la période est terminé mais que l’on peux continuer l’impro encore un peu afin d’avoir un terme correct à celle-ci.

    12 jouteurs en patinoire: Pour une heure 30 de spectacle (soit à peine 1h10 de jeu), c’est énorme, comment peut-on accuser les joueurs de rudesse? Comment peut-on leur reprocher de trop rentrer sur la patinoire et de générer de la confusion en leur faisant pratiquer un concept aussi frustrant.

    Là encore c’est la responsabilité de l’arbitre et surtout des JOUEURS, si les joueurs ne sont pas fautif, l’arbitre siffle pas. Si il le sont et qu’ils l’acceptent on ne passera pas 3 minutes sur une explication qui ne servira a rien si le MC connais son job et les fautes, surtout si il les comprends et qu’il est complice avec l’arbitre et les assesseurs. Sur nos match le temps de jeu sur 1 heure et demi est d’environ 75 min’.
    Dans ce cas il expliqueras la faute pendant que le vote s’effectue et les joueurs gagneront du temps de jeux. Chez nous les explications de fautes ont lieux si vraiment l’impro à été plate et que cela s’en recent sur le public alors une intervention des capitaines une explication brève de l’arbitre permettra de faire oublier cette impro trop molle au yeux du public qu sera prêt à repartir sur autre choses.

    La remise des étoiles! Ceci encourage l’ego des joueurs à être plus présent, à davantage entrer dans un rapport de force et un jeu de pouvoir! En gros celui qui pratique un jeu généreux et constructeur n’est jamais récompensé face à des joueurs qui vont dans le cabotinage voire la vulgarité…

    Dans ce cas pratiquons tous un jeu généreux constructeur, et sincère. Encore une fois soyons en compétition pour les yeux du public en dehors des temps d’impro.

    Pour conclure, le match est un format auquel je tiens beaucoup cela est certainement du que la personne qui me l’a appris en était l’un des fervent conservateur, qu’il nous à appris à joué vrai à joué gros. Et à ne pas tomber dans la facilité, pour lui le cadre était important en ce sans, car ce cadre permet de prendre des risques sans se casser la gueule car tous ça n’est qu’un jeu.

    Très cordialement Hervé.

  14. Matthieu said

    Oups, mauvaise manip…
    Je reprends, donc Lélou…

    Plutôt d’accord avec toi pour dire que le match n’est pas un format approprié au débutant. C’est amusant d’ailleurs, je connais une troupe sur la région parisienne qui réserve ses « cabarets » (format dérivé du Quintet d’impro ou du Cercle des Menteurs) aux joueurs confirmés, alors que les matchs voient se produire des débutants. J’aurai tendance à aller strictement à l’inverse. Encore une fois c’est une question de point de vue.
    D’ailleurs au Québec beaucoup ne pratiquent que le match et certains n’ont même jamais suivi d’atelier (même si souvent ils en ont dans les ligues scolaires). Leur expérience de jeu est souvent leur seul formation, et je dois dire que ça donne la plupart du temps des impros qui me plaisent beaucoup plus que 95% de ce que j’ai vu en France.

    D’accord pour décortiquer le match. Tu dis qu’on s’est tous laissé prendre au piège du point (ou de l’étoile), et ce n’est effectivement que par une réflexion autour du format qu’on peut s’en éloigner (si on estime que c’est la bonne route à suivre). Mais là où je m’oppose à Ian (et j’ai déjà discuté avec lui de vive voix à de nombreuses reprises), c’est cette tendance à ne chercher que les faiblesses, à partir de cas particuliers, et de tirer des conclusions que je trouve hâtive. Et si je pense qu’une réflexion est quelque chose de positif, chercher à systématiser les choses, à faire de grandes équations et de grands axiomes, élaborer des listes de principes, c’est se donner beaucoup de mal pour rien.

    Del Close (que j’ai lu grâce à Ian) dit que la règle la plus importante, la seule qui ne doit jamais être transgresser, c’est celle du « consentement mutuel » à savoir on improvise sur les mêmes bases. Et dans mon message précédent (enfin pas le ratage d’une ligne) je disais justement que c’était un problème qui se produisait en match : les gens ne « jouent » pas à la même impro d’une équipe à l’autre. Dès lors, difficile de parler du format, d’établir des généralités, quand, à mon sens, le problème est ailleurs. Si deux groupes qui ont une vision différente d’un même concept (et même de l’impro) se rencontrent sur ce concept, ça donne rarement des choses de qualité. Si les mots sont les mêmes, mais que la grammaire est différente, quoi qu’on en pense, on ne parle pas vraiment la même langue (et encore une couche de métaphore douteuse).

    Là encore, si on se réfère aux pratiques québécoises, la plupart des improvisateurs jouent vraiment en ligue (plusieurs équipes au sein de la même ligue) et ne sont pas ou peu confronté à ce problème de « vision différente de l’impro » : il y a suffisamment peu de rencontre entre ligue, généralement à l’occasion de tournoi (dont l’Open de la LUI, auquel participe d’ailleurs la Lilyade), pour que ces moments soient surtout « festifs ».
    C’est donc une démarche de base assez différente du match en France, où, le format est surtout populaire pour les rencontres entre équipes d’horizons différents.
    Donc on se confronte à une difficulté supplémentaire qui est cette rencontre avec des gens dont on ne partage pas forcément les valeurs en impro. Si en plus on rajoute les différentes visions du match (2×45 ou 3×30, les différentes catégories « expé » ou « non »), s’il y a un problème ça ne vient pas tant du format en lui-même que les milles façons dont on peut le percevoir.

  15. impronabla said

    Rebonjour à tous.

    Décidément, cette discussion n’a pas de fin. Mais en même temps, c’est intéressant!

    Matthieu, ne te cache pas derrière une animosité rhétorique ou une pseudo attaque. C’est trop facile sinon. Et surtout c’est faux.
    C’est bien sinon que tu ne regardes pas les défauts des autres pour te penser meilleur. 🙂
    C’est à mon avis quelque chose de partagé ici. 😉

    Lélou,j’aime ta conclusion sur l’ouverture des joueurs et la révolution ! Et effectivement, elle est en marche.

    Hervé, merci pour ces précisions.

    Je ne vais pas relancer de débats, mais cet échange tend à me confirmer que tout le monde est d’accord pour dire que le Match à la Française est mal fait. C’est bien sur ce constat que je partais.
    Il y a sans doute des choses à reprocher au concept de ‘Match d’improvisation’. Mais quel format n’a pas ses faiblesses ? En revanche, la façon dont le match est pratiqué en France a des limites qui n’appartiennent pas à ce format. Et ça, il faut s’en débarrasser.

    Le concept du meilleur est effectivement très subjectif. Le concept de meilleur ne l’est pas tant que ça. On peut améliorer le Match qui est présenté en France. Il y a d’ailleurs de nombreuses pistes à explorer ici :
    – revue du rôle de MC, mais surtout revue du rôle de l’arbitre et de son ‘personnage de gros vilain méchant’
    – revue du climat de ‘hey on va rigoler, parce qu’on est des supers supers rigolos! pouët!! haha haha ha’ : on devrait peut-être reprendre le concept de compétition sportive et présenter ça, honnêtement, comme une compétition, et pas comme un spectacle où les joueurs vont essayer de vous faire rire! (mon dieu, changez les hymnes…)
    – meilleure formation des joueurs (en tout cas, ne pas considérer que le match est pour les débutants); débarassons-nous des egos et des luttes pour le pouvoir et formons des joueurs qui ont vraiment envie de jouer.

    Sur ce, je vous laisse vraiment, parce que j’ai un métier quand même.
    (Non, non ce n’était pas une attaque personnelle ; pas la peine de réagir dessus!)

    Bonne journée / nuit!

  16. Matthieu said

    (Ah bon, je me cache… Bon, je suppose que c’est argument pour faire avancer le débat… Ah tiens non.)

    Bon, ce message pourrait s’appeler : « relativisation », ou bien, « ne généralisons pas ».

    Nabla tu nous dis « Le Match à la Française est mal fait. » et « la façon dont le match est pratiqué en France a des limites qui n’appartiennent pas à ce format ». Je ne suis pas d’accord parce que, et c’est ce que j’essaie de dire depuis quelques temps, il n’y a pas un « match à la française ».
    Il y a plusieurs façons de penser, et jouer les matchs en France (et par extension l’impro). Pour prendre un exemple parmi mille, entre un match de la LIDY (Yvelines) et les Restons Calmes (Bordeaux), tu verras des choses assez différentes. D’ailleurs leur public, de fait, ne sont pas du tout en attente des mêmes choses.
    Les limites « qui n’appartiennent pas au format », ça revient à la vision de l’impro, et il ne me semble pas du tout qu’elle soit unique en France. Ce n’est pas parce que la majorité des gens croient que l’impro est né avec le match (et méconnaissent donc des pans entiers de l’histoire théâtrale du XXème siècle), qu’il pratique cette impro de la même manière, avec les mêmes convictions.
    Et ce n’est pas propre à la France, au Québec (pour parler de choses que j’ai vu) aussi il y a des tas de façon de vivre le match, et l’impro d’une façon générale (et pas forcément des façons que j’aime).

    Bien sûr il y a des façons de faire de l’impro et des matchs, que je n’aime pas en France. Mais j’ai vu aussi des ligues jouer des matchs magnifiques, sortir des impros de génie, et des impros qui portent une spécificité française, qui n’obéissent pas nécessairement aux grandes règles édictées par tel ou tel auteur.

    Le concept de « mieux » ou de « meilleur » (qui nous rappellent que le mieux est l’ennemi du bien, d’ailleurs) est encore une fois hautement subjectif. Je l’ai dit ailleurs, je ne suis pas fort en philo, mais il me semble qu’on peut raisonnablement penser que si notre jugement nous paraît mieux que celui des autres (et c’est bien normal), ce n’est pas pour ça qu’il le paraîtra ou même qu’il le sera pour d’autres.

    Nous sommes dans une pratique à composante artistique, et comme toutes choses de ce genre, la question du goût se pose et est importante. Doit on négliger les goûts d’un certain public, d’un certain nombre de pratiquant d’impro, parce que nous pensons que nous avons de meilleurs goûts ? A chacun sa réponse.

    Encore une fois, que chacun examine sa pratique, examine la pratique des autres pour y tirer des enseignements pour soi, est une démarche intéressante, et j’ose imaginer que c’est le but de votre « caucus ». Mais, je me répète, parler « d’améliorer l’impro en France » en expliquant ce qu’il faut faire aux gens qui n’ont pas compris, ça relève d’un état d’esprit qui n’est pas sans faire penser au colonialisme (« nous savons ce qui est bon pour vous »). En me relisant je m’aperçois que ça ressemble beaucoup à une attaque directe contre le dernier message de Nabla, mais ce n’est pas le cas, c’est un avis que je tiens à exprimer c’est tout.

    Ceci étant dit, ça serait agréable que des ligues présentent le match au public comme une vraie compétition sportive (tant que les improvisateurs ne le prennent pas pour eux). Comme quoi Nabla, sur certains points, on a les mêmes goûts.

  17. […] Je pense donc que Lélou, Ian et Nabla font parfois un mauvais procès au match en soulignant ses faiblesses… qui sont finalement des choix de mise en scène; c’est probablement ce que voulait dire Matthieu, en ramenant Roméo et Juliette dans le débat. Beaucoup de bruit pour rien? […]
    Lien vers l’article de finpoil

  18. impronabla said

    Si tu veux Matthieu.

    Tu trouveras toujours un exemple pour me montrer que mes phrases ne sont pas vraies dans l’absolu.
    Et je n’arriverai jamais à faire une phrase qui exprime mon avis général sans faire de généralités (d’où une impression de vérité absloue dans mes phrases).

    Bref, nous sommes dans un impasse.

    Je vais donc continuer à faire ce que je sais faire : donner mon avis de temps en temps, en courant le risque de jouer sur les mots.

    Et en conclusion, parce que je suis comme ça : je pense qu’on a plein de points communs sur notre perception de l’impro.

  19. Ian said

    Nabla,

    Ta vision consiste à dire que pour améliorer le match, il faut que (1) l’on travaille spécifiquement le format et que (2) l’on améliore les joueurs. Je pense aussi que c’est la seule solution.

    J’ai envie de poser la question à tous ceux qui passent sur ce blog: combien d’entre vous s’entraînent vraiment au « format » Match d’Impro? Combien discutent ensemble du pourquoi de chaque élément du match, de son rôle? Le faites-vous régulièrement? En début d’année seulement? J’ai l’impression que beaucoup de troupes s’entraînent aux catégories du match, et font des exercices d’impro pour améliorer leurs qualités générales d’improvisateurs (acceptation, mime, écoute, etc…), mais les troupes d’impro en France préparent-elles réellement le « format » Match d’Impro? Si oui, comment faites-vous? Est-ce que vous en discutez beaucoup? Est-ce que vous avez des exercices particuliers? Est-ce que vous faites des mini-matchs en séance? Est-ce que vous trouvez que c’est suffisant? Est-ce qu’il y a des « stages de match » en France? Comment s’organise l’enseignement du Match d’Impro en France? J’imagine que l’enseignement le plus officiel se trouve auprès des ligues « pros ». Pour ceux qui ont suivi les ateliers des ligues « pros » (je pense à la LIFI), est-ce que ces question y sont abordées? Pour ceux qui ont eu la chance de travailler avec Pierre Martineau, ou pour nos amis québécois, même question, comment ces questions sont-elles abordées?

    En gros, je m’adresse à tous les pratiquants du match en France:
    (1) Comment vous entrainez vous au format?
    (2) Quelles sont vos recommandations?
    (3) Que trouvez-vous qu’il manque dans l’enseignement du format en France?

    Edit : je viens de créer un article spécifiquement pour les réponses à ces questions ici :
    https://lecaucus.wordpress.com/2008/08/09/une-question-aux-pratiquants-du-match-dimprovisation-theatrale-ouvrons-le-dialogue/

    Matthieu,

    Je suis au global d’accord pour dire que le « consentement mutuel » est important, mais pour moi, ça me semble assez évident. Il faut prendre le temps de discuter, de se mettre d’accord. Pour beaucoup de match auxquels j’ai participé, la rencontre se limitait à dîner ensemble et à s’échauffer ensemble (bien malgré moi). L’idée de « Ligue » va avec cette idée, et beaucoup de ligues en France sont en réalité une seule et même équipe, j’ai l’impression.

    Je suis d’accord globalement avec l’idée que si un format ne me plait pas, je devrais passer mon chemin. Le problème selon moi, c’est que le match représente à peu près 95% de ce qui se fait en France. A ce titre, le public fait souvent l’amalgame entre « Match d’Impro » et « Impro ». De plus, le match d’Impro est le format par lequel l’improvisation théâtrale a été (ré)introduite en France. Pour ces deux raisons, j’estime que le Match a une responsabilité. Ce n’est pas « un format parmi d’autres », c’est LE format en France. Lorsque je le critique, je cherche surtout à l’améliorer et par là même aider l’improvisation en France dans son ensemble. C’est mégalomaniaque, mais ce blog touche des gens d’un peu partout. Il choque, mais il trouve aussi des personnes qui adhèrent à son propos. A ce titre, je pense que cela contribue à faire évoluer le match, et un peu l’impro dans son ensemble.

    Ensuite, ton autre argument est « qui sommes-nous pour définir ce qu’est le mieux en improvisation ? » Le public n’a-t-il pas le dernier mot ? Je dis non. Nous sommes les improvisateurs. Nous représentons au moins 50% de la représentation. C’est pour ça que nous sommes aussi à même de dire « c’est bien / c’est mal ». Chacun a déjà eu l’expérience d’une « mauvaise impro », peu importe ce que cela veut dire pour lui. Je pense, et je pense que c’est assez raisonnable de dire cela, que l’impro s’appelle en réalité « improvisation théâtrale » pour une raison. Et que pour la rendre meilleure, il faut la rendre plus « théâtrale ». Tout simplement. C’est ma vision, mais j’aimerais bien entendre ceux qui pensent le contraire et qu’ils m’expliquent pourquoi.

    Enfin sur « le match à la Française ». Il y a autant de façon de pratiquer le match que d’équipes, certes. Mais, du haut de ma petite expérience à Paris, mais de ce que j’ai vu à Lyon, mais aussi de ce que j’ai vu d’équipes invitées à Paris, mais aussi de ce que j’ai vu des amateurs, mais aussi de ce que j’ai vu des pros, il y a quand même des caractéristiques globales qui sont semblables. Alors oui, dire « le match à la Française », c’est insulter les quelques équipes qui font des efforts pour élever le format et leur pratique de l’impro (merci à elles !). Mais ça n’enlève pas qu’il y a quand même un « style » Français, qui est celui pratiqué par la vaste majorité, et que j’avais décrit ici : et qui est aussi l’héritier des pratiques « françaises » qu’Hervé met en lumière dans sa réponse.

    Lelou,

    Toi aussi, tu essayes de faire du Keith en match? Ca me rappelle des souvenirs et le début des Improvisibles. On participait alors aux Improvisades, et notre coach à l’époque nous enseignait l’impro de Keith Johnstone. On se battait pour suraccepter, pour écouter l’autre, pour faire attention, mais on s’en prenait plein la geule! On se faisait insulter, maltraiter (parfois physiquement!) sur scène! C’était horrible.

    Je me rappelle que dans mon cas, à l’époque, je n’étais pas le plus convaincu par Keith. Mais à force de voir mes partenaires maltraités, je montais sur la patinoire et je faisais comme tout le monde: je gueulais plus fort que les autres, et je plaçais les meilleures vannes possibles. Et le public aimait ça… C’est triste.

    Merci pour ton soutien. Vraiment. Et je voudrais redire quelque chose que tu dis avec justesse : « Maintenant, ce n’est pas parce que le match a été créé il y a 30 ans, qu’on ne peut discuter de son fonctionnement….Si on supprime tout débat là-dessus, on n’avancera pas. On n’a pas fini de faire évoluer l’impro, mais il faut en passer par là! »

    Salut Hervé,

    Je réponds bien tardivement, excuse moi. Merci pour ton message! Et bienvenue ici ! Je suis ravi d’accueillir quelqu’un qui a appris le format avec un des fondateurs…

    J’ai l’impression que tu n’es pas globalement en désaccord avec les points que tu as cité dans ton commentaire, mais peut-être que je me trompe ?

    Pour le rôle de l’arbitre, ce que tu soulignes est tout à fait vrai. A chaque fois que je participe à l’organisation d’un match, j’entends : « l’arbitre doit avoir un personnage. » Personnellement, je ne suis pas pour avoir un personnage d’arbitre. Je pense que ceux qui sont là pour avoir des personnages sont le joueurs. Mais ce n’est que mon avis. Le point que tu soulèves en disant que beaucoup n’ont qu’un personnage et aucune lecture du jeu est tout à fait vrai aussi. Je ne vois que des « arbitres méchants » et / ou « donneurs de leçons ». L’expression que je retiens, c’est « lecture du jeu ». Je pense qu’il faut y avoir réfléchi un minimum avant de se lancer…

    Merci aussi pour tes précisions sur les « claques » et le « chronomètre ». Pour les chaussons, ils sont aujourd’hui dénués de leur sens, car personne n’ose sanctionner les joueurs. Et pour le temps, je suis d’accord, ça fait partie des règles, jouons le jeu ! Après tout, c’est une autre manière d’aborder l’impro, avec une deadline. (Pas ma tasse de thé, mais bon…)

    Merci pour ton message et j’espère pouvoir jouer ton équipe un jour !

    Ian

  20. […] par Ian sur 9 août 2008 En réponse à un commentaire de Nabla posté ici, je souhaite ouvrir le dialogue avec les pratiquants du Match d’Improvisation et récolter […]

  21. Bonjour Ian,

    Merci de m’accueillir…

    Pour commencer, je pense que j’ai mal été interprété, si je suis en désaccords avec ce qu’il se dit plus haut, et surtout avec les généralités qui y sont faîtes.

    Pour revenir un peu sur l’arbitrage, je me permet de dire ça car j’ai eu la chance de voir en 4 ans de pratique une quinzaine d’arbitres, et heureusement pour moi j’ai aussi eu la chance de tomber sur des arbitres qui avait une bonne lecture de jeu. Pas toujours certes, et c’est d’ailleurs dans un grande ligue Parisienne que j’ai vécu le pire arbitrage. M’enfin.

    Pour finir ma réponse à Ian me concernant, tu dis : »aujourd’hui la chausson est dénué de sens », la encore je ne suis pas d’accord, car même si bien souvent le public a tendance à prendre un malin plaisir à le balancer sur l’arbitre, je pense que ceci est une déformation du concept original. Une fois encore c’est le boulot du MC d’expliquer quand et comment utiliser le chausson, ainsi qu’aux staff d’accueil que l’on entend bien souvent dire lorsqu’il donne le chausson : »C’est pour jeter SUR l’arbitre », erreur, chez nous à Restons Calmes !(dans la dignité), nos accueillants et le MC disent : »Le chausson(des chaussettes en boules chez nous question de budget)vous permet de manifester votre mécontentement à n’importe quel moment de la partie, en le lançant à l’intérieur de la patinoire. » Et vous pouvez me croire le public n’est pas constituer que d’abrutis, car une fois de plus je parle de notre expérience, et je dirais même de notre savoir faire, du à notre héritage, le public ne se prive pas d’ailleurs la LIFA équipe Parisienne en à fait les frais lors d’un match chez nous. Une pluie de chaussettes c’est abattu dans la patinoire car un de leur joueur avait un jeu trop cabot que ne CONSTRUISAIT pas l’impro. Le Public à sur réagir, et un Balayage à été effectué.

    Pour parler de la formation Match d’Impro.

    Tout d’abord lire et apprendre le règlement, je sais c’est chiant, c’est long, mais si vous souhaitez pratiquer cette forme la d’improvisation il faut passer par la. Nous faisons une formation aux règlement et aux rôles su match pendant deux séances. C’est sur on ne fait pas d’impro ou d’exercices ses soir la mais nous ne considérons pas que qqun qui vient chez nous avec la volonté de faire du match d’impro n’en passe par la c’est Primordial que les gens participant à nos match et a notre association sache de quoi on parle.

    Ensuite une fois les bases acquises, les entrainements ne vont pas toujours avoir un lien avec le match. Déja nous nous auto formons cad que l’atelier tourne ce n’est jamais le même formateur de semaines en semaines, donc chacun apporte quelques choses de différents en rapport au match ou pas. par exemple il nous est arrivé de faire plusieurs séances sur le « Masque » sans parler de match pendant 2 X 4 heures, mais le fruit de ses ateliers à été mis en pratique lors de match, et cela à été trés concluant. Je crois que pour se former a tt forme d’impro il faut d’abords se former au jeu, et ne pas oublier que le concept match d’impro c’est d’abord de l’expérimental. Donc faisons des expérience.

    j’aimerais rebondir sur autre chose, ça parle ici et la de jeu « à la Française », je comprend bien ce que les gens parlant de ce type d’impro veulent dire mais pour rejoindre Matthieu je parlerais plus effectivement de manière différente de joué le match d’impro. Pour prendre de simple exemple, je trouve personnellement que le type de jeu joué à Paris est bien différent des équipes provinciales que j’ai eu l’occasion de rencontré (je ne parle pas de pétanque), mais cela ne m’empèche pas de joué avec eux et d’y prendre du plaisir.

    Voila je retranscris des trucs pèle-mêle, car je ne suis pas un expert de l’écriture masturbatoire, donc il se peut que mes propos soit un peu confus fouillis sans aucun sens.

    Bonne lecture.

    Hervé.

  22. Ian said

    A te lire, j’ai l’impression que nous partageons beaucoup. Je viendrai vous voir jouer, j’en suis sûr.

    Pour les chaussons, effectivement, la plupart du temps, les gens pensent que c’est sur l’arbitre qu’il faut les lancer. J’ai vu les distributeurs de chausson à l’entrée de certains matchs dire que ce n’est pas que sur l’arbitre qu’il faut le lancer, mais en général, il n’y a pas d’annonce officielle en début de match. Et si l’on ne donne pas la permission au public de lancer le chausson à n’importe quel moment, il ne le fera probablement pas. C’est pour cela que je disais qu’il est dénué de sens. J’adore l’idée que chez vous, les cabotins s’en prennent plein la figure! Pour faire un parallèle avec un autre format que j’aime, le Micetro, si on ne donne pas la permission au public de donner le score de « 1 » (le plus faible) en début de spectacle, ca devient assez rapidement impossible d’éliminer, car les scores sont toujours les mêmes!

    J’adore aussi que vous fassiez des séances spécifiques sur le réglement.

    Les séances tournantes sont aussi quelque chose de très positif. C’est quelque chose qu’on a mis en place à Eux, et ça a à mon avis le mérite de responsabiliser tout le monde.

    Enfin, sur l’impro à la Française. Oui, c’est réducteur, mais je me base aussi sur ce que j’ai vu d’équipes de province quand je m’y suis rendu ou quand je les vois jouer à Paris…

    A plus!

    Ian

  23. Lélou said

    Bonjour à tous,
    Voilà deux semaines que je ne me suis rendue sur votre blog, et suis soulagée de la tournure que prend ce débat, je vous avoue que les affrontements un peu punchis qu’on a eu les uns et les autres au départ m’ont un peu effrayée….Mais mon premier post était pas mal au niveau du punch aussi je le conçois. Cependant l’avantage c’est qu’en en parlant avec vous, je passe d’un avis trop extrémiste à quelquechose de plus mesuré, et c’est ce que j’attends de ce genre de débat.

    Pour ce qui est du match, je pourrai me baser sur tout un tas de théorie sur le match d’impro, mais je préfère parler de ce que je vois sur les bancs quand je le pratique….Et parfois je n’aime pas ce que je vois ni ce que j’entends: « Bon allé, là faut aller chercher le point, on cabotine à mort! » etc…Nombreux sont les joueurs qui tombent dans le piège de la compet prise au premier degré, et je ne vous parle pas de débutants mais de grands joueurs qui ont 20 ans d’impro dans les pattes!
    Mais plutôt que de critiquer les autres, la première dont je me méfie c’est moi-même, et à chaque fois que je pratique le match , il me faut une bonne dose de raison pour garder le cap, garder un jeu généreux, constructeur, accepter de lâcher le lead, quand il faut le lâcher, accepter de ne faire qu’un passage et pas d’entrée, accepter de ne pas entrer, accepter de faire une impro qui ne fonctionne pas tout en restant calme et en ne tombant pas dans la vulgarité pour essayer de récupérer quelques miettes de rires…Et vraiment , je trouve que c’est difficile de garder le cap…Maintenant, il est vrai que c’est de moins en moins difficile, car je gagne en confiance, et ai de moins en moins besoin de prouver ma valeur à chaque fois que je fais un match.

    Mais je suis loin d’être infaillible: lorsque j’ai participé au tournoi de la LUI (merci encore à eux pour leur accueil formidable), la pression je l’ai sentie: (imaginez vous, un tournoi au Québec, avec des joueurs prodigieux, un tableau de score affiché en temps réel pour savoir combien on était…) et elle était telle qu’à un moment donné j’ai perdu le cap, j’ai fait « de l’impro de merde » (comme dirait Ian 😉 ), mais ce qui m’a le plus emmerdé, c’est qu’avec ce genre d’impro j’arrivai à remporter le point, tout simplement parce que j’avais pris toute la place autant visuellement que phoniquement, et le public n’ayant vu que moi, a tourné son carton vers mon équipe…Et là, comme dirait Cinplass, j’avais l’impression d’être « une pute en impro »….J’ai abandonné toute mes convictions pour une histoire de points.

    Alors vous me direz, » à toi de progresser, et de savoir mieux gérer la pression! », et là vous aurez à 200% raison, d’ailleurs je bosse là dessus, et mon expérience québécoise m’a largement vaccinée! Vin Diou! Plus jamais ça!…

    Mais plus je pratique ce concept plus je comprends à quel point il n’est pas facile, et moins je blâme ceux qui parfois n’arrivent pas à garder le cap! Surtout ceux qui en sont à leur deuxième année d’impro et qui sont en attente d’une certaine reconnaissance de leur niveau de jeu ….

    Maintenant, non, je n’ai pas envie d’arrêter de faire des matchs, parce que j’aime rencontrer d’autres équipes, d’autres styles de jeu, sans compter que l’atout du match, c’est qu’il est un vrai maître étalon pour évaluer mes progrès d’année en année. Mais j’aimerais d’une part rencontrer d’autres compagnies sur d’autres concepts, et d’autre part qu’on arrête de tourner trop souvent en match au « pouet! pouet! tagada! tsoin! tsoin! » . Mais comment faire? Je suis contre et pourtant je suis tombée dans le panneau!

  24. Ian said

    C’est dur d’être fidèle à un objectif personnel si ton environnement ne soutient pas cet objectif. C’est comme ramer à contre-courant…

    Pour le match, ou pour tout format compétitif, c’est dur d’arriver à trouver le juste équilibre entre le fait d’être compétitif, qui fait que les joueurs donnent le meilleurs d’eux-mêmes, et le fait de jouer dans un esprit ludique, qui fait que la compétition ne mène pas à des débordements, comme le cabotinage à outrance.

    Donc, faut continuer avec le Match!

    Une autre réponse consiste à dire que l’impro est un « Process » comme dans le livre de Gellman, et que ça ne mène pas forcément à grand chose d’y réfléchir en terme de « Produit ».

    Bonne chance à toi et à ton équipe!

  25. Damien said

    Bonjour bonjour.

    Alors euh, je pratique le match d’impro depuis 3 ans, et j’ai une vision peut etre différente, qui se résume à:
    « Le concept de match d’impro n’est qu’une mise en scène visant à dynamiser le spectacle ».
    Sans cette mise en scène, le spectacle dans cette forme (comparée/mixte imposée par un maitre de jeu) serait beaucoup plus plate.
    Et partant de ce principe, beaucoup de choses vont mieux:
    – On ne commence pas un match en ayant pour objectif de gagner. Gagner un match sans prendre plaisir, c’est pourri de chez pourri. Inversement, perdre un match pendant lequel on a pris son pied, c’est pas grave.
    – On a toujours en tête les fautes, et on ne veut pas les faire, meme si on se fout du score, pour la bonne raison que l’arbitre va dire devant tout le monde « vous, vous avez fait un truc nul là, c’est pas bien ». Mauvais pour son égo, donc on évite.
    – On a moins cette volonté d’imposer son personnage, au profit de la construction de l’histoire. Ce qui est mieux pour les jouteurs, pour le public et pour l’arbitre.

    Et à ceux qui me diront « oui mais si l’équipe en face est en quête de la victoire, coute que coute? », je répondrai: « Ils risquent d’avoir de grosses surprises: le plaisir de jouer donne auprès du public une meilleure impression que la perpétuelle quête du focus visuel et auditif ».

  26. Lily said

    Bonjour Damien,

    C’est vrai que parfois le public préfère le plaisir de jouer, de construire, et de donner au public, au cabotinage et à la quête du focus. Pourquoi parfois? Parce que je pense qu’il faut une sacrée niak et un sacré moral pour le donner ce plaisir alors que l’équipe en face est vraiment dans une autre optique. Je me souviens par exemple que beaucoup de mes matchs, lorsque je faisais partie d’une troupe étudiante, se soldaient par une équipe gagnante qui nous avait piétiné alors que nous voulions jouer avec eux, mais nous n’étions pas assez fort pour maintenir cet esprit de plaisir et de construction (qui normalement se fait dans le partage), face à une équipe qui ne partage justement pas… En revanche j’ai vu un match de la LIQ contre la LIP, où la LIQ a su garder cet esprit à chaque instant et même le transmettre un chouilla, même lorsque la LIP ne l’avait pas. Et c’est je pense, dû à leur assurance et leur expérience…

    Quant au fait qu’on ne veuille pas faire de fautes parce que l’arbitre va nous pointer du doigt, eh bien je trouve ça un peu dommage, et assez négatif. Moi j’ai juste envie de construire l’histoire, et donc de respecter les règles pour cette raison, si j’ai fait un faux pas et que l’arbitre me dit que c’est nul, ça me refroidit un peu, et je pense que ça met un esprit négatif dans la salle. J’ai tendance à préférer les arbitres justes mais sympathiques…

  27. Damien said

    Lily

    Oui bon, quand je dis « l’arbitre dit que c’est nul » c’est fort, heureusement je ne connais pas d’arbitre qui fait ça 🙂

    Sinon, en effet, ma ‘façon de voir les choses’ rend quelques coups de batons en retour, sur des mixtes face à des « rentre-dedans ». C’est surtout sur les comparées (et tout de meme quelques mixes) qu’on voit la différence: en ne voulant pas forcément le point, on commence à faire un truc qui est à mon gout primordial en impro: « se mettre en danger ».

    Ce fameux « se mettre en danger » est, là encore à mon avis, une des grandes bases de l’impro: soit on se réfugie dans des personnages super maitrisés, sur des sujets bateaux… Soit on fait ressentir au public qu’à chaque seconde, il peut il y avoir « le truc qui tue ». Et en tant que spectateur, c’est vraiment une chose que j’apprécie: d’un coté l’histoire, de l’autre ce sentiment que ce qui se joue devant mes yeux, eh ben c’est de l’impro, et que dans 2 secondes, il peut se passer un truc que ni les jouteurs, ni moi ne prévoyons à l’instant T.

    Et bon, ma philosophie « on se fout du score » est bien belle en théorie, je l’ai connue toute la saison passée, au sein d’une équipe toute neuve de mon assoc’ d’impro. On a fait une saison sans aucune ambition, en bon outsiders qu’on étaient, pour finir vainqueur de la finale de notre championnat, devant des équipes on ne peut plus respectueuses.
    Mais je ne me fais pas d’illusion: je pense bien que la saison prochaine, notre nouveau statut de « champion » nous gravera dans un coin de notre tête « ah ce match là, ce serait bien de le gagner »

    Bon avec tout ça je m’égare un peu du sujet,et réalise que je n’ai pas donné mon sentiment: « Oui, il FAUT faire des matchs d’impro! » Même si ca rend quelques impros limites, cette mise en scène est merveilleuse quant au dynamisme qu’elle apporte.

  28. Ian said

    Salut Damien,

    Merci d’intervenir ici. Ca fait toujours plaisir de voir des gens nouveaux.

    Des arbitres qui disent « C’est nul! » aux joueurs, j’en connais un paquet à Paris. Non seulement ils rabaissent les joueurs, mais en plus ils en profitent pour se mettre en valeur et donner au public des cours sur l’impro et le théâtre. Bref.

    Je suis à 100% d’accord avec toi sur le fait de « se mettre en danger ». Et merci 1000 fois de dire que la comparée peut être le lieu de la prise de risque, car je connais des improvisateurs qui soutiennent mordicus le contraire!

    Ce qui est arrivé à ton équipe me rappelle (à nouveau) ce qui c’était passé avec notre équipe étudiante: comme je le disait à Lelou, on a commencé par les matchs, mais avec une formation Keith Johnstone. Rapidement, on en a eu rien à foutre de gagner, ce qui fait qu’on est arrivé… en finale! Deux ans de suite. Bref, je vous souhaite que cette ambiance continue au sein de l’équipe.

    A bientot!

    Ian

  29. Lily said

    Salut Damien,

    Ouf tu n’es pas maso donc, pour l’arbitre 🙂

    Pour le reste, je suis entièrement d’accord avec toi, et je trouve ça super que vous transmettiez ça aux nouvelles équipes: la prise de risque. J’aimerais bien savoir d’ailleurs comment vous le transmettez. J’imagine que ça fait partie de votre manière de coacher, tant sur le fond que sur la forme, et que ça ne se résume pas en deux minutes sur un blog…

    Merci aussi pour l’anecdote!

  30. Lélou said

    C’est dur d’être fidèle à un objectif personnel si ton environnement ne soutient pas cet objectif
    Ouf! Heureusement, ma compagnie suit le même objectif que moi en terme de qualité de jeu , autrement je n’entamerais pas ma septième année avec elle… 😉 Je parlais « des bancs », pas forcément de « mon banc »! oh là… Attention…. Là! Oooohhhh! LOL!

    Mais encore une fois je ne lancerai pas la pierre à ceux qui peuvent tenir ce genre de propos: on est tous humains, on va pas se cracher dessus parce qu’on l’est. Et c’est une chose que de se dire « On s’en fout des points », « on pratique du beau jeu » « on reste généreux » (là dessus tout le monde est toujours d’accord) et c’en est une autre que de le pratiquer réellement dans la patinoire.
    Alors j’en reviendrai à ce que dit Damien:
    Mais je ne me fais pas d’illusion: je pense bien que la saison prochaine, notre nouveau statut de “champion” nous gravera dans un coin de notre tête “ah ce match là, ce serait bien de le gagner”
    Et là tu as tout bon, et le fait que tu t’en méfies est déjà un point de gagné!

    Concernant la remarque de Ian:
    Ce qui est arrivé à ton équipe me rappelle (à nouveau) ce qui c’était passé avec notre équipe étudiante: comme je le disais à Lelou, on a commencé par les matchs, mais avec une formation Keith Johnstone. Rapidement, on en a eu rien à foutre de gagner, ce qui fait qu’on est arrivé… en finale! Deux ans de suite. Bref, je vous souhaite que cette ambiance continue au sein de l’équipe.
    AAAAHhhhhhhhhhhhhh!!! La preuve que Johnstone marche donc aussi en match! 🙂
    Mais c’est vrai qu’il marche! Et j’irais même plus loin, c’est très apprécié par les joueurs… La preuve donc qu’il est important de briser parfois ses mécaniques pour en inclure de nouvelles…. Par contre, quand on se fait « tataner » dans une mixte, johnstone ne peut nous aider, il faut aussi savoir puncher! Avec élégance, mais puncher quand même…Légitime défense!

    Concernant l’arbitrage:
    J’ai tendance à préférer les arbitres justes mais sympathiques…
    Moi aussi, d’ailleurs je ne peux arbitrer en faisant la tronche, si l’impro me fait marrer …. ben je me marre (De toute façon je n’arrive pas à me retenir de rire), après si les joueurs partent en cacahouète, on peut le dire simplement, sans se lancer dans des discours à rallonge !…. Et finalement, on s’aperçoit qu’on peut faire un bon arbitrage en étant détendu: le public apprécie aussi les arbitres qui ne se prennent pas trop au sérieux …

    Je reviendrai aussi sur le commentaire de Finpoil sur l’article « Une question aux pratiquants du Match d’Improvisation Théâtrale… Ouvrons le dialogue! » qui consiste à apprendre aux capitaines d’équipes à faire profil bas devant l’arbitre. J’irais aussi dans ce sens car outre le fait que le rôle de l’arbitre doit être respecté par les jouteurs, c’est vraiment agaçant quand certains capitaines se lancent dans des joutes verbales à n’en plus finir avec l’arbitre pour savoir qui va avoir le dernier mot… En général, quand ça se passe ainsi, je trépigne sur mon banc car cela nous fait perdre du temps de jeu….

  31. […] Le précédent débat sur le match d’impro faisait ressortir cette tâche funambulesque de vouloir analyser l’improvisation théâtrale, donner des conseils, ébaucher des principes. […]

  32. Eric said

    Pas facile de rentrer dans le débat puisque j’ai l’impression que tout a été dit pendant ces 2 mois de discussion ! La seule pierre à l’édifice que je pourrais mettre c’est quelqu’un qui qui m’avait dit : « qui se souviendra de nos impros ? » Pas grand monde, si ce n’est personne. Même nous, on ne s’en rappelle plus. Alors gagner, perdre, quel est vraiment l’intérêt ?

    Ce qui est dur, c’est que la vie, c’est la jungle (sortez les mouchoirs), constamment on doit se battre pour exister. Quand on joue sur scène, c’est encore plus difficile de ne pas reproduire ces schémas. La lumière est sur nous, nous sommes regardés, on a peur, c’est la jungle, l’inconnu… brrrrr. Pourtant, la scène, c’est justement l’endroit où tout pourrait être différent, on aurait plus besoin de se battre, plus besoin de gagner ou de perdre. Et je comprends que ce n’est pas facile de se débarrasser des habitudes de la peur.

    Ceci m’amène au point commun des spectacles d’improvisation, c’est que le joueur a besoin d’être rassuré, sentir que la scène est « safe ». Que ce soit un match ou un micetro ou un gorilla, ou n’importe quel concept, le cadre est ultra-important. Plus le cadre est défini, plus les joueurs sont rassurés.

    Ainsi le grand débat des matchs d’improvisation est souvent sur le cadre. Les équipes n’ont pas les mêmes références, provoquant des conflits sur scène et hors scène. C’est peut être ça qui cloche dans les matchs. Mais le cadre est tellement complexe et long à assimiler qu’il est difficile de tout mettre au point avant un match. Alors je n’ai trouvé qu’une solution pour réussir un match, c’est de partager la même philosophie : on joue pour avoir quelques moments de plaisir où on oublie notre vie, notre ego et où on a juste à s’amuser. De toute façon, on ne joue pas à la roulette russe et « qui se souviendra de nos impros ? »

    Et je pense que c’est ça l’enseignement qu’il faut d’abord donner, avant même d’enseigner les cadres. Rien n’est grave en improvisation.

  33. 😉

  34. […] Il y a quelquechose qui cloche dans le match d’impro sur Le […]

  35. […] les gens jouent rarement “ensemble” même sur les mixtes des matchs d’impro (cf. mon post sur Le Caucus) et les comparées sont souvent discrédités (”oui, ils ont placé leur tomate, c’est […]

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