Le Caucus

L’impro dans les grandes lignes…

Râpe à formats

Posted by Yvan_R sur 28 juillet 2008

[eng]

Finpoil talks about improv forms.

[fra]

Ces temps-ci, Ian improvise auprès du grand maestro, visite la Mecque de l’improvisation américaine et rencontre des personnes très intéressantes. Je suis jaloux, mais je me soigne. Merci de nous faire partager tout ça, Ian.

Au même moment, un débat splendide fait rage et désespoir sur le Caucus, pour délibérer de la valeur et des faiblesses du Match d’impro. Je me rattrape comme je peux en vous faisant partager mes dernières trouvailles en matière de bouquin d’impro…

…en particulier l’excellente étude de Jeanne Leep, « Theatrical Improvisation: Short Form, Long Form, Sketch-Based Improv« , qui comme son sous-titre l’indique, analyse les principaux formats de l’impro théâtrale.

Je vous résume tout ça, parce que j’ai pas encore tout lu à fond: Jeanne Leep distingue trois grands genres de formats d’impro, à savoir le format court (rapide, à forte interactivité, à tendance comique), le format long (lent, à faible interactivité, à tendance thématique), et les sketches improvisés (des spectacles canevassés sur des improvisations, style commedia dell’arte).

Leep évite de dresser une hiérarchie bon/mauvais entre les formats et gère admirablement bien les témoignages. Je ne résiste pas au plaisir de vous donner la citation de Mick Napier (cité lui-même par Kozlowski; je traduis librement)

« Pour moi, la question du format est futile: finalement, l’impro se réduit à un être humain sur scène, sans information sur ce qu’il va dire ou inventer. […] De la bonne impro, c’est de la bonne impro, peu importe le format que tu lui donnes. Le meilleur format avec des improvisateurs mauvais, ça sera toujours mauvais. » (77)

Pour ramener ça au débat: le problème avec le format « prétexte », « décorum » Match d’impro, ce n’est peut-être pas le concept en lui-même, mais bien plutôt les joueurs qui le pratiquent. Et si je pense personnellement que ce n’est pas tant une question d’impro « à la française », – c’est un Suisse qui vous le dit – , je crois plutôt dans le fait que le format « Match » n’est pas assumé jusqu’au bout par les joueurs.

Je m’explique.

Jeanne Leep classe le Match dans la catégorie des « formats courts ». Selon elles, cette « famille » de concepts partage plusieurs caractéristiques incontournables: 1) but de divertissement comique, 2) maintien de la participation du public et de son influence tout au long du spectacle, 3) format énergique, style de jeu qui met en avant la vivacité d’esprit 4) la construction de scène se soumet aux contraintes du format (catégories).

Je pense donc que Lélou, Ian et Nabla font parfois un mauvais procès au match en soulignant ses faiblesses… qui sont finalement des choix de mise en scène; c’est probablement ce que voulait dire Matthieu, en ramenant Roméo et Juliette dans le débat. Beaucoup de bruit pour rien?

La chose qui cloche avec le match d’impro, c’est que certains improvisateurs aimeraient le prendre pour ce qu’il n’est pas: un concept versatile, jouable en format long, capable d’émotion ou d’engagement dramatique: amateurs de Johnstone, ayatollahs des règles d’improvisation, passez votre chemin! Le Match d’impro est un format court, relativement exigeant en qualité d’impro, puisqu’il nécessite des improvisateurs polyvalents, vivaces, et prêt à se « pimper » à la limite du cabotinage.

Je termine avec une autre citation, cette fois du « Improv Handbook » de Deborah Frances-White et Tom Salinsky. Les deux auteurs contrastent eux aussi l’impro « rapide » façon Match et l’impro « longue » façon Harold. Ils nous mettent en garde contre les comparaisons hâtives:

« C’est clair: une personne de goût et discernement (vous, par exemple) qui assiste à un Theatresport gâché, – où la compétition du format empêche les improvisateurs de donner le meilleur d’eux-mêmes, où les catégories stupides alternent avec des blagues en-dessous de la ceinture – ne le préférera pas à un Harold intelligent, clair, concis, plein d’esprit et bien structuré qui oscille entre le sublime de certains moments et la brillance de certaines idées. Mais le contraire est vrai aussi. Alors comparons le meilleur du Theatresport (ou mieux, du Gorilla Theatre) avec le meilleur du Harold, pour voir. » (254)

De la même manière que Lily concluait son article sur les formats « dirigés » ou « libres », je pense qu’on peut s’accorder sur le fait qu’il n’y a pas de hiérarchie entre les formats… et peu de leçons à donner sur la manière de bien les jouer.

… ou est-ce que je me goure royalement?

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13 Réponses to “Râpe à formats”

  1. Martin said

    Je ne sais pas s’il existe une hiérarchie entre formats.
    Il y en a certainement une, contextuelle, à faire (tu la réalises d’ailleur dans ton post) selon les éléments que l’on souhaite transmettre au public dans un spectacle donné. Cette transmission relevant du choix personnel (et de jugements de valeur personnels que l’on ne peut contester s’ils se cantonnent à ce choix).

    Cependant, il y a une chose dont je suis aujourd’hui persuadé : à énergie égale, on a plus à gagner à tenter de progresser en tant qu’improvisateur qu’à s’écharper sur les formats.
    Une bonne improvisation, c’est avant tout de bons improvsateurs, whatever the decorum.
    De plus, un bon improvisateur pour moi maîtrise plusieurs formats, et est capable d’amener à chacun les richesses puisées dans les autres.

    Malgré cela, je reste intéressé par une étude plus poussée du match t des formats lui attenant.
    Le match est-il le format offrant le meilleur fit pour réaliser une succession de scènes courtes ?
    pour impliquer le public ?
    Pour sécuriser l’improvisateur débutant ?
    Pour impliquer TOUS les improvisateurs d’une équipe, même les bancs ?
    Pour aider le « coach » à effectuer une transmission ?
    Pour rencontrer un autre groupe d’improvisateurs ?
    Comment se place-t-il face au Theatersportz et au micetro dans ces critères ? Comment, en tant que coach, choisir le meilleur format de spectacle basé sur des scènes courtes en fonction de ce que l’on souhaite transmettre et de ce que l’on souhaite voir vivre à ses joueurs ?

    Là, en dehors des jugements de valeurs, on a de quoi faire.

  2. Ian said

    Et voila un SCUD de Finpoil bien envoyé dans le débat.

    Je suis en voyage, mais toi tu en profites pour nous dénicher des joyaux sur la théorie de l’impro. Je n’ai pas eu le temps de me procurer le livre de Tom et Deborah. Par contre, j’ai lu « Process » de Michael Gellman, et j’ai adoré. Je le recommande. (Surtout à toi Matthieu, il te plaira.)

    Pour en revenir à la question. J’ai envie de résumer ton argument principal, mais corrige moi si je me trompe. En gros, en faisant le procès du match parce que la qualité des improvisations est mauvaise, nous nous trompons de procès car en tant que shortform, le but principal du match n’est pas là.

    Si l’on part de ce principe, je suis d’accord avec toi, nous faisons un faux procès au match.

    Mais pour moi, plusieurs points me poussent à croire que le procès à raison d’être (et je suis heureux que tu apportes sur Le Caucus une sensibilité différente, qui plus est, avec un maniement des mots et des idées remarquable).

    D’abord, le Match s’appelle Match d’Improvisation Theatrale. Et le mot « Théâtrale » est pour moi non négligable… Cela veut dire qu’à la base, on va bien voir du théâtre, un forme particulière de théâtre, mais bien du théâtre. Et limiter ce que présente le match à du divertissement comique, c’est comme limiter ce que présente le théâtre.

    Peut-être que le match a été trop ambitieux? C’est pour ça que le ComedySportz ne m’a pas dérangé: c’est annoncé clairement que le but est un divertissement comique.

    Si l’on prend en compte la dimension « théâtrale » du match d’impro, on ne peut pas dire que le but est « un divertissement comique ». C’est du shortform car il remplit les conditions 2, 3 et 4 que tu cites, mais pas la 1. Et encore la 4 peut etre nuancée, car l’arbitre peut proposer une majorité de scènes libres, même si en pratique, l’influence des « contraintes » ou « jeux » reste forte.

    Mon point de vue, c’est que le Match a des mécanismes particuliers qui l’empêchent d’atteindre cette essence « théâtrale », qui est selon moi, adepte de Keith Johnstone, une question avant tout de « narration » (storytelling), mais qui bien sur ne l’empêche pas de remplir son rôle de divertissement, mieux que d’autres media d’ailleurs.

    Parmi ces mécanismes particuliers, il y a principalement la mixte, que je soulignais dans mon article précédent.

    Je pense que par opposition, le TheatreSports, dont le mot « Theatre » apparait aussi dans le titre, s’en tire mieux que le match pour créer du théâtre sur le moment, car il est plus libre, moins rigide. Mais il partage aussi certains écueils avec le match, qui fait qu’il tombe rapidement dans le divertissement comique.

    Keith a créé le TheaterSports, qui connait, comme le souligne le passage de l’Improv Handbook, des critiques similaires au Match d’Impro. Keith soulige des comportements que les joueurs avaient importé dans le format et qui le dénaturaient. Par exemple, les joueurs se mettent d’accord avant le spectacle sur une liste de jeux qu’ils vont utiliser pour les défis, un peu comme les « catégories officielles » en match, alors que tout peut etre un défi en TheaterSports (« la plus belle scène d’amour », « la meilleure scène durant le temps que je puisse garder ma tête dans ce sceau d’eau »). Autre exemple, il soulignait qu’au bout d’un moment, les joueurs qui jouaient « en équipe » avaient développé un esprit de compétition incompatible avec l’esprit du concept. Après que Loose Moose ait fait appel à lui pour revenir diriger le théâtre (il était parti un moment de la direction), il a exigé qu’il n’y ait pas d’équipes fixes et qu’elles soient formées le soir même du spectacle.

    Je ne pense pas qu’il existe aujourd’hui une autorité permettant un tel changement dans la pratique du match en France. Mais j’entends beaucoup de bien des troupes françaises pratiquant le match et ayant reçu les enseignements de Pierre Martineau. J’aimerais les voir jouer.

    Je mets de côté les Québécois, qui apparemment, ont une approche tellement ludique du match, qu’ils rendent caduques les « écueils » dont j’accuse le match. Ils créent une telle atmosphère sur scène qu’au delà du divertissement, la magie du théâtre apparait.

    Mais pour les Français, c’est différent. Ils jouent avec un tel égo, surtout les pros, que ces « écueils » jouent à plein!

    Donc il faut faire un choix. Renommons le « Match d’improvisation théâtrale » en « Match d’impro » une fois pour toutes. Je pense que la multiplication des dérivés de match, type cabaret ou catch, participe de cette reconnaissance que le match est avant tout un « divertissement comique ». En donnant d’autres noms à à peu près la même chose, les improvisateurs s’affranchissent de la dissonance intrinsèque du match.

    Enfin, sur la question des formats. Mick Napier a complètement raison, au final pour juger l’impro, on s’en fout du format.

    [Aparté: j’ai juste envie de répondre rapidement à ceux qui disent « qui sommes nous pour juger l’impro, le bien, le mal, etc… » J’y répondrai plus tard n détail, mais j’ai envie de dire: « Fuck you! » Je sais ce que c’est de la bonne impro, et je sais ce que c’est de l’impro de merde. Je vois beaucoup d’impro de merde. Et je le dis. Et le public sait aussi ce qu’est de l’impro de merde. Mais quand il s’est bien marré après un spectacle, il s’en fout que l’impro ait été merdique ou pas, surtout s’il est venu pour se marrer. Donc dire qu’on ne peut pas dire « qu’il ne faut pas dire que l’impro c’est de la merde en France parce que plein de gens viennent en voir », c’est naze. J’adore tellement ce mot que je l’utiise de nouveau: c’est naze. Je le dis, ce n’est pas parce que la merde fait rire les gens que ce n’est pas de la merde. Je suis le premier à rire du caca, mes amis le savent bien et peuvent en témoigner. D’ailleurs, je viens de me préparer une petite tarte au caca de derrière les fagots, miam!]

    Pour moi « le format » peut avoir deux buts: (1) aider l’improvisateur et le groupe à se développer ou (2) servir une « vision » sur scène. Le Harold nous aide beaucoup à mettre les pieds dans les formats longs. Ensuite, pour le deuxième point, je pense que les formats de Keith, le Gorilla par exemple, sont formidables pour enlever la peur, ce qui est un principe de base chez lui. Mais ultimement, peu importe qu’on lui mettent de petite roues pour l’aider, ou qu’il roule sur une Harley Davidson (ma vision: je suis un biker), s’il ne sait pas conduire ou faire du vélo, l’improvisateur va se viander et servir au public une bonne tarte au caca, ce qui le fera rire dans le meilleur des cas et la plupart du temps, car le caca, c’est drôle! Miam. [Désolé, je réagis aussi aux commentaires sur des articles précédents et sur mon blog.]

    Il y a une tendance à Chicago en ce moment de n’avoir aucun format. Je trouve ça intéressant.

  3. Ian said

    Tout à fait d’accord avec Martin. Au dela de « quel format produit quelle impro? », il y a toute une série de questions à se poser sur l’utilité d’un format dans la vie d’un improvisateur et d’une troupe. Est-il bon de lancer des débutants sur un match? C’est un peu ce que je voulais souligner avec les « petites roues ».

    Mais la partie « vision » est aussi importante, à plus long terme.

  4. impronabla said

    Bonjour!

    Que les choses soient claires (désolé si le ton paraît caustique, ce n’est pas le cas, mais on est lundi matin) : je ne fais pas un procès au match. Je trouve juste qu’il y a encore du boulot à faire dessus (c’est d’ailleurs pour ça que je continue à arbitrer et à faire des ateliers ‘spécial match’). D’ailleurs, quand je souhaite améliorer le match, je souhaite aussi m’améliorer moi.

    Non, vraiment, je ne pense pas faire de procès au Match. Tout comme je ne ferai jamais de procès au Harold, ou au Micetro, ou au More or Less, ou à la dizaine d’autres formats que je connais (plus ou moins bien, je l’avoue).

    On est d’accord lorsque l’on parle de l’importance des joueurs, des improvisateurs. ‘L’impro se réduit à un être humain sur scène’. C’est clair. Et c’est justement sur l’humain qu’il faut travailler. Pour améliorer le match (tel que je le vois (y assiste) et pas tel que je le vois (l’imagine)), il faut améliorer les joueurs et améliorer les outils dont nous disposons pour nous entraîner au match.

    C’est le sens de tous mes commentaires depuis le début.
    Je ne suis pas un fervent défenseur du match, je l’avoue. Mais je n’en suis pas non plus un fervent détracteur. Je le répète : le match a un énorme potentiel et je ne demande qu’à le voir exploité en plein.

    Tout comme les autres fomats que je connais (plus ou moins bien, je l’avoue). Pas de classement entre les formats (selon quels critères en plus ?), si tant est que c’est un format travaillé par les joueurs qui le pratiquent.

    Donc, même si j’ai l’air de me répéter : je ne fais pas de procès au match. Et si je me défends beaucoup là-dessus, c’est parce que je trouve que dire cela est une bonne manière de réfuter des arguments qui pourraient tout de même, quelque part, avoir leur intérêt (même si je ne te prête pas ces intentions, finpoil).

    Maintenant sur un autre point (c’est ta conclusion qui m’y a fait penser) : j’ai beaucoup, beaucoup de choses à apprendre en impro, et j’espère que ça ne s’arrêtera jamais. Mais il y a des choses que je sais, et d’autres que je crois savoir. Vouloir les partager n’est pas la même chose que donner des leçons.

    Et (encore une fois lundi matin :)) oui, je pense que tu te trompes là-dessus. Il y a des leçons à donner sur la manière de bien jouer tel ou tel format. Sinon, il serait d’une inutilité ridicule de participer à un atelier.
    Les leçons ne sont pas forcément les meilleures, les bonnes (dans l’absolu), mais cela ne veut pas dire qu’elles sont mauvaises. D’autant plus que dans notre domaine, l’absolu est difficile à envisager.

    En tout cas, participer à cette discussion m’a fait penser à plein de choses. Et rien que pour ça, je trouve qu’elle n’est pas inutile. Maintenant c’est vrai qu’il faut qu’elle s’arrête à un moment et que l’on passe à l’action, si action il doit y avoir. Ce moment est peut-être venu.

    Bref…
    Je vous souhaite une bonne journée!
    Maintenant qu’il est lundi midi, je vais devoir pouvoir me réveiller.

    A bientôt!

  5. Matthieu said

    De Ian : « Je sais ce que c’est de la bonne impro, et je sais ce que c’est de l’impro de merde. »
    De Nabla : « Il y a des leçons à donner sur la manière de bien jouer tel ou tel format. Sinon, il serait d’une inutilité ridicule de participer à un atelier. »

    Bien, je suis content de voir que vous détenez des vérités absolues aussi fortes, après 4 ans chacun d’expérience en impro. Hélas, cela augure bien mal de la suite du débat.
    Parce que ta bonne impro, Ian, n’est pas la mienne, et les leçons que tu donnes Nabla (notamment dans ton article précédent sur la formation), j’en conteste une grande partie des fondements. D’ailleurs le simple fait de penser donner des « leçons » en atelier me paraît être une aberration.

    Je constate aussi avec quelle formidable verve vous parlez de théâtre, de sincérité de jeu, alors que votre expérience et votre formation théâtrale est bien mince. Penser que l’impro c’est plus dur que jouer un texte est une imposture… Vous faites de l’impro, c’est bien, mais n’aller pas en plus donner des leçons sur ce qui est du théâtre ou pas.

    J’ai essayé à nouveau de débattre avec vous, mais dès lors que vous revendiquez comme vérité absolue, des notions relatives, il n’y a plus de place pour discuter. Mais après tout, il y a encore peu j’étais de votre nombre, à croire ma conception de l’impro comme la seule bonne (c’est agaçant, ce petit couplet, ça fait paternaliste, mais c’est surtout une forme d’autocritique). Je pense à ces façons d’improviser dont vous ne parlez jamais, que vous ne soupçonnez peut-être même pas d’exister. Impro de travail, où impro jouée devant un public, avec chacune avec leur défaut. Sortons de la bulle Johnston/Second City, oublions Gravel et évoquons un instant : Augusto Boal, Peter Brooke, Ariane Mnouchkine, Lee Strasberg, tellement d’autres…
    Je pense à des comédiens qui pratiquent une impro à mille lieu du match et qui sont tellement puissants lorsqu’ils improvisent déplacement et intention en jouant Hamlet… Et qui prétendent ne détenir aucune autre vérité que la leur. Qui sont des modèles d’humilité.

    Parce que, quoique vous en pensiez, vos théories et vos certitudes sont un reflet de vos égos. Ces règles qui régissent la « bonne impro » ne sont là que pour vous rassurer, une tentative de baliser l’inconnu, vous qui stigmatisez tant la peur.

    Peut-être que n’est-ce pas vraiment ce qui vous habite, en tous cas c’est ce que je lis dans vos interventions : de l’égo, et de la peur. Mais ce n’est pas une insulte à mes yeux. Il nous faut de l’égo, il nous faut de la peur, sans quoi nous ne sommes plus des hommes. Mais il faut savoir les mettre aux bons endroits, et s’en servir uniquement lorsque c’est nécessaire.

  6. impronabla said

    Tu as raison Matthieu, il n’y a plus de place pour discuter…

    Allez, je vous reviens plus tard avec d’autres articles!

  7. Martin said

    Matthieu, si tu développais ce que tu crois valide plutôt que d’attaquer personnellement les gens à longueur de forum et de blog ?
    Je te connais depuis peu (et ne t’ai jamais personnellement jamais croisé), mais effectivement, tes couplets font vite paternalistes.
    Et troll, aussi, un peu.

    Répondre à quelqu’un qui dit « il y a des leçons particulières à retenir pour jouer tel ou tel format » (ce qui est le summum du bon sens, on ne joue pas pareil un match ou un long form, cf mon premier commentaire) par « tu as un ego surdimensionné, tu as peur et tu veux juger le théâtre du haut de tes 4 ans d’expérience » est :
    – hors de propos (tu ne réponds pas sur le fond. N’y a-t-il aucune leçon particulière à retenir pour jouer tel ou tel format ?)
    – agressif
    – paternaliste et pompeux (en prenant de haut les gens, comme ça, et en les réduisant à une phrase tournée et retournée, tu te poses également en juge des élégances… Et faire du namedropping d’auteurs à longueur de posts est du même tonneau. Rassure toi, tu n’es pas le seul à avoir lu Strasberg, Spolin, Stanislavski et les autres.)
    – fatigant.

    Bref, trollant.

    C’est dommage, tu as sûrement plus à apporter.

    Martin

  8. Caspar said

    Soyez caustique, soyez troll, ne mâchez surtout pas vos mots ! Le débat devient de plus en plus intéressante ici – merci et félicitations à tous et à toutes ! Spill out your guts, yiha! Kick up some dust! And let’s hope it will never settle… ‘cos that’s when it gets REALLY bad.

  9. Ian said

    Matthieu,

    L’impro de merde, on la connait tous: c’est l’impro qui rabaisse, qui avilit. Chacun a déjà eu le sentiment sur scène de « faire de la merde ». Chacun est capable de dire s’il s’est laissé allé à la facilité ou s’il a pris un risque. Je pense que la mauvaise impro est universelle.

    La bonne improvisation théâtrale, c’est différent. J’en tente une définition. La bonne impro est celle où l’on prend des risques, car elle est improvisation! Et la bonne impro est celle où l’on est sincère, car elle est théâtre!

    On peut être en désaccord sur la méthode pour y arriver. Mais je te vois mal me donner une autre définition de la « bonne » impro. Pour la méthode, j’aime celle de Johnstone qui consiste simplement à retirer la peur.

    Ce n’est pas en nous insultant et en nous prenant à parti que tu vas nos parvenir à dénigrer nos propos. Le théâtre est universel, et en utilisant l’argument de l’expérience, je pense que tu te places à l’opposé de l’objectif initial de Gravel, qui était de démocratiser le théâtre. Chacun est capable de ressentir et d’être touché devant une représentation. On n’a pas besoin d’années d’expérience pour dire ce qu’est du « bon » théâtre ou pas.

    Et je vais te donner un critère que nous donnait Keith Johnstone lors du stage que j’ai effectué avec lui. Lorsque l’on a une réaction du public, quelle qu’elle soit, regardons si elle vient d’une ou plusieurs parties isolées de l’assistance, ou bien si le public réagit comme un seul homme. Si c’est le deuxième cas, alors on a certainement touché quelque chose de « bon ».

    C’est une approche possible, qui me semble solide, de mesure de la qualité de ce que nous présentons sur scène.

  10. […] par Ian sur 28 octobre 2008 Comment juger nos scènes ? Je disais il y a quelques temps sur ce blog que n’importe qui était capable de reconnaitre de la mauvaise impro s’il en voit, ou […]

  11. […] par Ian sur 27 octobre 2008 Comment juger nos scènes ? Je disais il y a quelques temps sur ce blog que n’importe qui était capable de reconnaitre de la mauvaise impro s’il en voit, ou […]

  12. Ouardane said

    Hey ! Désolé, je me fais une spécialité de déterrer des vieux sujets :

    Dans le livre que tu cites (Improv Handbook), ils disent aussi (je paraphrase) qu’il n’y a pas vraiment de différence entre un Harold et du short form, puisque le Harold reste une succession de morceaux de scène, comme peut l’être un short form, et que dans le short form, comme dans le Harold, on voit souvent apparaître une thématique commune. Et ce n’est pas peu courant que les improvisateurs ramènent des éléments de scènes précédentes dans un match (souvent dans le seul but de faire rire le public), mais cette pratique rend la différence entre short et long form ténue.

    Du coup, pourquoi ne pas se poser la question même pour le match du théâtre, du message, du thème du spectacle ?

  13. finpoil said

    Je nuance un peu: certes, le Harold peut ressembler à un shortform ayant un lien thématique et contextuel fort. Mais c’est (à mon avis)bien mal utiliser le format. Pour moi, le Harold permet un jeu plus intense et investi – la fameuse « Truth in Comedy »: la liberté du tempo des scènes, de leur forme, permet aux improvisateurs de poser exactement l’énergie qu’ils découvrent dans le spectacle.
    C’est ce qui rend le Match davantage enclin à la rapidité et à un formatage plus « sketche ». Et s’il est possible de créer une thématique commune entre les différentes impros d’un Match, il est bien rare de la constater (on risque même une faute de « cliché » ou « déjà vu »).

    D’autre part, Jeanne Leep cite aussi un élément qui différencie short- et longform: le « mode d’alimentation » des impros. Dans un shortform, un « maître de jeu » revient fréquemment donner des suggestions (ou thèmes) aux joueurs. Dans un longform, il y a généralement une phase unique, en début de spectacle; ensuite, le cadre du spectacle disparaît, au profit de la théâtralité des scènes proposées.

    Enfin, du point de vue des spectateurs, la performance des comédiens change, selon qu’on assiste à un format court ou long. Dans le format court, le public est impressionné par les capacités techniques (vivacité d’esprit, capacité à changer de personnage, etc.) des improvisateurs. Dans le format long, ces critères passent au second plan, au profit de la performance purement théâtrale de comédiens (crédibilité, capacité à émouvoir, etc.).

    Plutôt qu’une dichotomie, il faut considérer la différenciation « format court » / « format long » comme une échelle à deux pôles (en témoignent des formats hybrides). Je voulais seulement montrer que cette échelle est assez large, et les différences relativement importantes.

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