Le Caucus

L’impro dans les grandes lignes…

Déjà vu…

Posted by Cid sur 20 novembre 2008

[eng]

Improvising a « genre », as seen in match or cabaret concepts, usually produces scenes we have seen thousands of times. What solution can we bring to improvise in an original way?

[fra]

Les catégories « à la manière de… », qu’on pratique dans les concepts type match ou cabaret, sont très souvent source d’improvisations qu’on a vues et revues mille fois….
chameau
Par exemple :

  • Sur une Molière, neuf fois sur dix, une jeune demoiselle de bonne famille sera amoureuse d’un beau jeune homme pauvre, mais demandée en mariage par un vieux monsieur riche, et contrainte par ses parents d’accepter cette demande.
  • Sur une science fiction, nous aurons généralement quatre astronautes coincés dans une navette spatiale, avec en fond sonore, une voix d’ordinateur.
  • Sur une médiévale, un chevalier viendra chercher une pucelle prisonnière dans un donjon.
  • Sur une western, deux cowboys s’affronteront soit dans un saloon soit dans la rue principale de la ville.
  • Sur une Shakespeare, un roi désespéré conversera avec le fantôme d’un de ses parents.
  • Etc…

Il est assez facile de comprendre pourquoi ce genre de phénomène se produit et se reproduit…. Deux équipes qui vont se rencontrer en mixte sur ce genre d’improvisation vont s’accorder sur des modèles communs, d’où le risque de reproduire ce type de clichés, car ce sont ceux qui sont les mieux ancrés dans l’inconscient collectif.

Cependant, je pense qu’il est possible d’apporter des solutions pour changer les choses.

Bien sûr, la première à laquelle on pense, est que chacun d’entre nous doit élargir son champ d’inspiration en parcourant la littérature, les œuvres cinématographiques, les pièces de théâtre. Malheureusement, lorsqu’on se trouve sur scène, il est difficile d’expliquer à tous pendant les vingt secondes de réflexions que Shakespeare a aussi écrit des comédies, que Molière ne se réduit pas à l’Avare, qu’Alien n’est pas la seule œuvre de science fiction qui existe.

Je cherche donc des solutions plus immédiates, qui peuvent être apportées sur scène, dans la seconde… J’en ai deux ou trois dans la manche, mais j’attends plus de vous que vous apportiez d’autres pistes dans vos commentaires, pour compléter cette réflexion.

Voici donc les pistes auxquelles je pense :

Décaler le lieu et l’action
Démarrer une western en prenant son bain, une science-fiction en braquant une banque, ou une Molière en faisant l’autopsie d’un mort, a pour avantage de sortir assez efficacement des clichés.

Penser aux troisièmes rôles
Cette piste m’a été suggérée par Romain Grégoire, improvisateur rennais. Dans ce genre de catégorie, on ne pense qu’aux premiers rôles (astronautes, cowboys, chevalier, demoiselle de bonne famille…), ou aux seconds rôles (voix d’ordinateur, barman du saloon, pucelle, servante …). Il est alors intéressant d’aller chercher les troisièmes rôles pour perturber l’échelle des statuts, et agrémenter le tableau (femme de l’astronaute, qui se demande si son mari sera là pour le repas, le croquemort qui prend les mesures pour le cercueil, ou même le fils du croquemort qui essaie les cercueils de son père, etc…). J’irais même encore plus loin dans cette piste, pourquoi ces troisièmes rôles ne seraient ils pas des premiers rôles ?

Pour ma part, ce sont les seules pistes que j’ai… Et vous, en avez-vous ?

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Une Réponse to “Déjà vu…”

  1. JRM said

    Salut Cid, j’ai une petite contribution pour ce billet. Je pense qu’on « écoute mal » la catégorie.

    « a la manière de XXX ». Donc il faut jouer une scène comme si elle avait été écrite, mise en scène, jouée par XXX.

    Typiquement, sur une Molière, je suis persuadé qu’on peut jouer une scène de tous les jours. Ca demande un peu plus d’efforts pour se demander comment Molière aurait écrit et mis en scène cette scène.

    Ca s’adapte plus à un auteur, je vois pas forcément comment le mettre en place sur une Sci-Fi par ex.

    Autre point que tu évoques et qui est pour moi hyper important : lire, lire et lire (Mick Napier en parle il me semble).
    Parce qu’une Sci-Fi ne se limite pas un vaisseau et des costumes-pyjamas. Les univers de Sci-Fi sont très détaillés, complets, avec beaucoup de références techniques parfois. mais ça on ne le remarque qu’après bcp de lecture sur le sujet.

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