Le Caucus

L’impro dans les grandes lignes…

Ce qui se passe à Bruxelles, reste à Bruxelles…

Posted by Ian sur 23 février 2009

[eng]

What happened in Brussels?

[fra]

Deux semaines sans article? Oh non! Que se passe-t-il? Ben, pas grand chose, sinon que les emplois du temps des uns et des autres sont assez chargés! Et nous avons aussi quelques surprises en préparation pour le blog…

Bref, je vous propose d’aller un peu plus dans le détail du week-end Caucus, et de partager mes souvenirs de ce que nous y avons fait. C’est plus technique et cru que l’article précédent, et je coupe directement au contenu.

Les vidéos

Le premier soir, nous avons a regardé des vidéos de TJ & Dave, ainsi que les vidéos qui sont présentes dans le DVD du livre Art by Committee, de Charna Halpern, la suite de Truth in Comedy qui est le livre de base sur le Harold.

Plusieurs constats:

  • L’impro passe mal en vidéo, on y perd la fraicheur du spectacle…
  • Dans les scènes que nous avons vues, il y a une propension à aller essentiellement dans le verbal. Et quand on ne comprend pas l’anglais, ça peut devenir un problème. Finalement, est-ce qu’on ne devrait pas pouvoir apprécier un spectacle, même si on ne connait pas la langue?
  • Quelque chose qui nous a un peu choqué, c’est que sur la présentation du spectacle « ASSSCAT », un groupe de Harold de New-York, les improvisateurs montent sur scène pour présenter le spectacle, expliquent leur nom de troupe (« Cul-Chat ») qui viendrait d’une suggestion d’un mec pas très net en spectacle, expliquent qu’ils n’en ont rien eu à faire quand c’est arrivé et que c’est devenu leur nom, et finissent la présentation en faisant de gros doigts d’honneur au public… Hum. C’est un style. Je trouve que ça rappelle quelque part pas mal le stand-up.

Les exercices d’entrainement

Le lendemain, nous avons pris la matinée pour improviser ensemble. C’était l’occasion de partager quelques exercices.

Big Booty: un exercice simple et un peu « bête » pour lancer la machine…

Histoire un mot à la fois: le grand classique de Keith Johnstone, permet d’appréhender la construction d’une histoire en totale spontanéité. La version la plus « utile » à mes yeux est celle où l’on est en paires et où l’on raconte une histoire à la première personne, au présent, en la mimant. Ne pas oublier de se regarder dans les yeux pour redonner de l’énergie!

La routine en entretien d’embauche: proposé par Finpoil, un exercice dans la plus pure tradition Johnstonienne. L’idée est de poser une situation (l’entretien) et qu’un des deux personnages (en général, le recruteur) ait un « tic » (par exemple, il dit « chhhh… » en permanence) mais sans s’en rendre compte. Le « jeu de la scène » est ainsi clarifié assez rapidement, et on peut s’entrainer à l’approcher et à le gérer (augmentation du rythme, de l’intensité, des réactions, etc…).

Impro dirigée: il s’agit simplement de faire une scène sous la responsabilité d’un « metteur en scène » qui a la possibilité d’intervenir dans la scène pour orienter ou recadrer l’histoire et les personnages. Lily en avait déjà parlé ici.

Scene Painting: c’est LA technique dont tout le monde parle. A Eux, plusieurs intervenants qui nous ont donné des ateliers en guests, pourtant d’origines différentes, nous ont montré cette technique et ce qu’on pouvait faire avec. Très brièvement, la « peinture de scène » permet de matérialiser, hors personnage, devant le public et les partenaires, un cadre physique pour la scène. En particulier ici, il s’agit de préciser l’ensemble du cadre avant de commencer la scène. Au moment où ils matérialisent cet espace, les joueurs se positionnent plus ou moins en tant que narrateurs. Chacun tour à tour ajoute un élément physique à la scène (une porte, un tapis, etc…), puis joue dans ce décor créé ensemble à travers son personnage. Beaucoup de variations sont possibles sur cette technique…

La porte jaune: l’exercice de Nabla où le but est, une fois une relation établie, que l’un ait désespérément envie de quitter la scène et que l’autre ait désespérément envie que son partenaire reste. Ils doivent néanmoins quitter la scène ensemble. Une autre approche du « jeu de la scène », beaucoup plus complexe qu’il n’y parait!

Première partie du spectacle

La première partie était une succession de jeux. Nous avons repris « Un mot à la fois », « L’entretien d’embauche », une scène d’impro dirigée, et une scène totalement libre. Nous y avons aussi ajouté d’autres exercices.

Substitution: après avoir établi une situation, un des joueurs en réserve monte sur scène et tapote sur l’épaule d’un des joueurs en jeu, et le remplace, en reprenant son personnage. Tous les joueurs en réserve montent et tapotent à leur tour le même joueur pour le remplacer, en gardant le même personnage. Plus il y a de remplacements, plus l’effet comique est important!

Autostoppeurs: on demande quatre émotions. Un joueur monte sur scène, monte dans une voiture et conduit. Il est affecté par son émotion. Puis, tour à tour, les autres joueurs arrivent et montent dans la voiture affectant par leurs émotions tous les passagers. Puis, lorsque tout le monde est monté, ils redescendent un par un, laissant ceux restants revenir à leur émotion initiale.

La rencontre: un couple du public monte sur scène et donne des détails sur leur rencontre. Deux joueurs font revivre cette rencontre sur scène, sur validation du couple au fur et à mesure de la scène. Attention à bien prendre soin des volontaires!

Deuxième partie du spectacle, la scène longue

Sans trop de concertation, nous nous sommes lancés dans une scène longue en deuxième partie. J’ai personnellement beaucoup aimé cette scène…

Nous avons commencé par demander une suggestion de lieu. La proposition du public était « cuisine », et nous avons créé ce décor à l’aide de la technique « scene painting ». Finpoil a poussé la technique un cran plus loin en récupérant un trieur à ordure des coulisses pour l’amener directement dans la scène. Le danger de la technique est d’amener trop d’éléments, ou d’amener des éléments incohérents (même si l’élément « incohérent » peut être réutilisé dans la suite de la scène, en l’occurrence ici, nous avions ajouté une « photo de Tom Cruise ») mais nous nous en sommes bien tirés puisque nous avons réussi à réincorporer une majorité d’éléments dans la suite de la scène, sans que cela ne semble « forcé ».

La scène a commencé avec la présentation de deux colocataires (Finpoil et Nabla). Une troisième colocataire (Lily) passe furtivement dans la scène (réincorporant au passage la photo de Tom Cruise, dont elle est fan) et devient l’objet de l’attention des deux autres. La suite de la scène expliquera qu’elle vient de sortir d’une relation avec le personnage de Finpoil, Jérome. Divers « tag-outs » (changement rapide d’un des deux personnage de la scène pour montrer une autre scène en rapport avec le personnage non « taggé ») viennent renforcer l’univers.

Un deuxième « scene painting » est l’occasion de changer de lieu, en l’occurrence, une chambre d’hôpital. Le médecin (Ian) discute brièvement avec son patient (Nabla). On comprend que nous sommes dans le futur par rapport à la scène précédente, et que le personnage initial de Nabla est tombé malade. Le changement de lieu est l’occasion de proposer quelques jeux entre les improvisateurs, essentiellement en jouant sur le décalage de perception dans la scène (Finpoil entre et est accueilli d’un « bonjour mademoiselle » par Ian, qu’il rattrape avec brio). Finpoil revient avec son personnage initial, et les deux discutent de Diana, leur ancienne colocataire. Jerome apprendra finalement qu’elle était partie parce qu’elle portait son enfant, et qu’elle n’avait pas osé le lui dire.

On revient rapidement au décor initial, avec un retour dans le passé, et c’est l’occasion de dénouer l’intrigue. Jerome (Finpoil) confronte Diana (Lily) dans la cuisine qui regardait justement un test de grossesse. A ce moment, il fallait clairement expliquer pourquoi Jerome doit quitter Diana alors qu’elle vient d’apprendre qu’elle est enceinte. Jerome la confronte et l’accuse de l’avoir trompé avec le personnage de Nabla. Il quitte la scène et Diana reste sans voix alors que le personnage de Nabla monte sur scène. On comprend qu’elle ne s’est pas résolue à dire à Jérome que l’enfant était de lui alors qu’elle n’était plus avec lui.

Un monologue de Ian, qui joue le fils adulte de Jerome et Diana et qui s’apprête à retrouver son père, cloture la scène. A noter que c’est l’occasion de faire un rappel sur un des thèmes parallèle de cette longue scène, la musique, qui est apparu à divers moment (lors de la rupture Diana / Jerome la radio de la cuisine se met subitement en marche et la musique de « I will survive » se fait entendre, Jerome était un fan d’Elvis) en faisant expliquer au fils qu’il ne sait pas quelle musique écouter sur le chemin qui le mène à son père.

Publicités

2 Réponses to “Ce qui se passe à Bruxelles, reste à Bruxelles…”

  1. finpoil said

    [Yeah, je commenterai ce billet en plusieurs fois, puisque l’expérience bruxelloise était riche en enseignement. Je me concentre juste sur le matage de DVD, qui nous à fait dire que « l’impro passe mal en vidéo, on y perd la fraîcheur du spectacle ».]
    Cette constatation a quelque chose de déprimant, parce que ça veut dire qu’on ne pourra jamais vraiment montrer avec fierté le boulot qu’on fait dans nos spectacles, qu’on ne pourra sans doute jamais devenir riche en produits dérivés, et qu’on ne sera jamais des stars de la télé; d’ailleurs, les échecs d’émissions comme « Totale Impro » ont montré que la discipline supportait relativement mal le différé.
    Mais quelque part, ça me réjouit, le fait que l’impro passe mal en vidéo: ça veut aussi dire que le plaisir d’un spectacle d’impro réside essentiellement dans le fait de voir les choses se réaliser « ici et maintenant »; un spectacle d’impro, c’est surtout un « spectacle communautaire », une aventure où « il faut être là pour y croire ». Autant on pleure sur le fait que les gens passent de plus en plus de temps isolés les uns les autres, autant l’impro défend cette plus-value du rassemblement de personnes, de l’alchimie subtile entre acteurs et spectateurs. L’impro, c’est unique; unique, dans le sens que le spectacle est profondément ancré dans le présent, dans le maintenant, dans l’immédiat.
    Et qu’il fallait être là pour y croire.

  2. […] récents finpoil dans Ce qui se passe à Bruxelles, reste à Bruxelles…Ce qui se passe à Bruxelles, reste à Bruxelles… « Le Caucus dans Impro dirigée VS […]

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :